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Gaspard Dughet

dit le Guaspre Poussin

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Rome 1615  – id. 1675).

Longtemps méconnu, Dughet a bénéficié depuis quelques années des recherches de plusieurs historiens d'art qui ont permis de mieux connaître sa carrière et de mieux saisir son évolution et sa personnalité. À Rome, en 1630, Poussin épouse Anne Dughet, fille d'un pâtissier français établi en Italie et sœur de Gaspard. Celui-ci partagera de 1631 à 1635 le domicile de son beau-frère, qui, sans doute, l'initia à la peinture et, voyant la passion du jeune homme pour la nature et la chasse, l'orienta vers l'étude du paysage. L'année 1635 est occupée par plusieurs voyages (Milan, Pérouse). Dughet ne tarde pas à travailler pour les personnages les plus haut placés (ambassadeur d'Espagne près du Saint Siège, Grand duc de Toscane) et à jouir d'une flatteuse réputation. Hormis de nouveaux séjours à Pérouse et à Florence, puis à Naples, en 1642-1644, il partage désormais sa vie entre Rome, Tivoli et Frascati. En 1645, il entreprend pour les Carmes de Rome les fresques de S. Martino ai Monti, où il atteint à une grande noblesse. Puis il travaille au Palais Doria-Pamphili vers 1650 (nombreuses œuvres conservées), auquel succèdent diverses réalisations dans plusieurs grandes demeures et enfin les fresques du palais Colonna en 1667-1668, qui marquent l'apogée de la décoration murale de l'artiste. Parallèlement à cette activité, il multiplie les tableaux de chevalet. Dès le début de sa carrière, qu'il convient, semble-t-il, d'identifier avec celle du " Maître au bouleau argenté ", Dughet s'affirme comme un paysagiste original et novateur à la suite des grands précurseurs bolonais et aux côtés d'un Poussin ou d'un Claude Lorrain. Il a su exploiter toutes les ressources du genre, utilisant tour à tour toutes les techniques : huile, tempera, gouache, fresque, ainsi qu'une admirable suite de dessins, soit à la pierre noire (Düsseldorf), soit au lavis (ceux-ci fréquemment confondus avec ceux de son beau-frère).

À l'influence de Titien prépondérante au début, vient bientôt s'ajouter celle des Nordiques, qui répond à la sensibilité de Dughet aux variations du temps et des saisons et à son sentiment épique de la nature, qui trouve un moyen d'expression privilégié dans les tempêtes dont le premier exemple apparaît dans les fresques du palais Muti Bussi à Rome vers 1635-1637. La simplicité des premiers paysages laisse supposer la transcription de sites réels. Puis l'intervention de la raison organisera ces données en des compositions plus rigoureuses sans cesser de laisser leur part à l'imagination et à l'observation. En même temps, les formes deviennent plus mouvementées et les frondaisons s'épaississent tandis que s'affine l'expression des jeux de la lumière, sans doute sous l'influence de Claude Lorrain. Si Dughet parvient à un dépouillement relatif dans ses dernières œuvres, jamais il ne renoncera à un certain romantisme qui l'apparente à Salvator Rosa (1615-1673), auquel on l'a souvent comparé, et qui lui donne une place à part parmi les paysagistes du xviie s. Ses œuvres seront fréquemment imitées et recherchées, particulièrement des " connaisseurs " anglais du xviiie s., ce qui explique leur abondance dans les collections et les musées britanniques (Oxford, Liverpool, Londres).