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Erik Dietman

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Artiste suédois (Jönköping, Suède, 1937-Paris 2002).

Dietman quitte la Suède en 1959, date à laquelle il arrive à Paris. Il fera de nombreux séjours et voyages en Europe (Pays-Bas, Italie, R. F. A.) avant de s'installer en France en 1979. Créant des assemblages avec des objets récupérés, il est, au cours des années 60, proche des nouveaux réalistes avec lesquels il expose à Paris (Salon Comparaison et Salon de la Jeune Peinture en 1965). Pour Dietman, l'objet est toujours un prétexte qui lui permet de développer, dans l'héritage de Dada, un art critique et provocateur. Dietman témoignera d'une grande liberté dans le choix des supports et des matériaux. Il utilise l'écrit avec ironie dans nombre de ses travaux, sous forme de poésie visuelle.

Ses premières réalisations les plus connues sont les objets " pensés ", de 1959-1960, recouverts de gaze chirurgicale. Par le geste qui consiste à envelopper les objets pour mieux les dissimuler, Dietman réalise une sorte de chirurgie de l'objet, soit curative, soit mortelle, dressant la critique du pop art. C'est aux côtés de Robert Filliou, de Georges Brecht, de Ben que Dietman devient sympathisant du groupe Fluxus, sans toutefois participer à ses activités. Ses recherches sur le langage trouvent pleinement leur développement dans les tableaux-objets réalisés au cours des années 70, associant images et textes en plusieurs langues sous la forme de titres, de notes et de commentaires. Certains demandent la participation du spectateur : les Reading-objects (1973) présentent des images retournées que le spectateur doit repositionner à l'endroit pour les découvrir.

Après 1980, Dietman utilise les matériaux de la sculpture traditionnelle, pierre, bronze, marbre, pour créer des pièces de petites et de moyennes dimensions qui, réunies, constituent des installations monumentales. Elles consacrent, parfois avec dérision, parfois avec humour, les travers des vanités humaines : M. Têtu sans pardessus (1983) est un Sisyphe vaincu par sa pierre ; l'Explorateur en retraite (1984) est dédié aux héros fatigués du colonialisme ; Discours sur la sculpture moderne (1984) est la critique acide de la modernité triomphante.

Les monuments les plus graves sont dédiés aux morts et rappellent d'étonnants Memento Mori : " L'art mol et raide ou l'épilepsisme-sismographe pour têtes épilées : mini male head coiffée du grand mal laid comme une aide minimale " (1985-1986 — collection musée Saint-Pierre Art contemporain, Lyon). L'un des plus significatifs est un environnement de crânes humains, disposés sur des petits socles cylindriques en béton et surmontés de pièces en bronze. Des œuvres importantes de Dietman (sculptures) ont été présentées (Sans toi la maison est chauve, 1991 ; Cannibal, 1993 ; etc.) à Paris, M. N. A. M., en 1994. Le Württembergischer Kunstverein de Stuttgart lui a consacré une exposition en 1996.