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Jean Delville

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre belge (Louvain 1867  –Bruxelles 1953).

Élève de l'Académie de Bruxelles, exposant depuis 1885, il obtint le prix de Rome en 1895. Dès 1892, il fréquentait à Bruxelles le cercle Pour l'art, puis celui de l'Art idéaliste (v. 1896). Il participa avec Donnay et Levêque à la revue la Ligue artistique (1895-1904) et publia, en 1900, à Bruxelles, la Mission de l'art, appel sacré à la spiritualisation de l'art et à la régénération purificatrice de l'artiste. À Paris, il se lia d'amitié avec le sâr Peladan, dont il partageait les rêveries ésotériques, et exposa régulièrement aux Salons de la Rose-Croix. Ses toiles sont directement inspirées par les œuvres des poètes symbolistes et les Grands Initiés d'Édouard Schuré (Orfeo, 1893). S'il se souvenait toujours des visions étranges et de la palette phosphorescente de Gustave Moreau (la Fin d'un règne, 1893), il se rattachait aussi, d'une part, au lyrisme préromantique de Blake et aux fantasmagories d'Antoine Wiertz (Arcangelo, 1894), d'autre part aux évanescences de Khnopff et de Lévy-Dhurmer (Portrait de Mme Merrill, 1892). L'artiste exécuta en 1898, pour la Sorbonne, une vaste décoration, l'École de Platon, qui ne fut jamais mise en place (musée d'Orsay), et peignit en 1914, pour le palais de justice de Bruxelles, plusieurs grands panneaux allégoriques. Ses toiles les plus célèbres, les Trésors de Satan (1895, Bruxelles, M. R. B. A.) et l'Homme-Dieu (1901-1903, musée de Bruges), au graphisme épuré, au somptueux coloris froid, rejoignent certaines recherches du Surréalisme.

Écrivain autant que peintre, Delville se présente comme un initié qui, pour lutter contre le désordre moral auquel il associe le scepticisme, doit éveiller son entourage à la conscience des mystères en renouant avec d'anciennes traditions ésotériques. De son œuvre littéraire, il faut citer le Dialogue entre nous (1895), la Grande Hiérarchie de l'occulte et surtout le Frisson du Sphinx (1897). L'œuvre peint est encore confidentiel, les principales toiles et études se trouvant dans la famille de l'artiste. Révélation de l'exposition Il sacro e il profano nell'arte dei Simbolisti à la G. A. M. de Turin, en 1969, Jean Delville fut consacré par les manifestations symbolistes (Peintres de l'imaginaire, Paris, 1972 ; le Symbolisme européen, Rotterdam, Bruxelles, Baden-Baden et Paris, 1976).