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Paul Delvaux

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre belge (Antheit, province de Liège, 1897  – Veurne 1994).

Il suit les cours de l'Académie des beaux-arts de Bruxelles de 1920 à 1924 et subit d'abord l'influence de l'Expressionnisme allemand, notamment celle de De Smet, dont le rapproche sa conception du nu et de l'atmosphère particulière, faite de silence et de réserve, dans laquelle il se situe (Nu couché, 1934). Le nu et les lieux de sa révélation allaient devenir le thème par excellence de Delvaux. Il doit respectivement à De Chirico et à Magritte le sens d'un espace inquiétant à force de lumineuse évidence et la situation incongrue des figures, mais, dès 1937 (les Nœuds roses, musée d'Anvers), l'essentiel de son art est fixé. Dans un cadre strictement défini, où le jardin, la zone urbaine du nord, la ruine ou l'édifice antiques (son premier voyage en Italie a lieu en 1938) composent habilement leurs motifs : des femmes nues fort véridiques semblent attendre que le mâle les sorte de leur apparente léthargie ; celui-ci, souvent présent dans le tableau et correctement vêtu, les ignore totalement ou les examine avec des attitudes de vieil entomologiste, selon un type de savant emprunté à Jules Verne (le Congrès, 1941, coll. de l'État belge). La reconnaissance d'autrui ne s'exprime en désespoir de cause que dans une relation sexuelle à demi explicite, mais rarement avec netteté comme dans la Visite (1939), où un jeune garçon entièrement nu pénètre dans une pièce au milieu de laquelle, assise, une femme nue, tenant ses seins, attend. Delvaux a trop abusé de ces contrastes, somme toute faciles, entre personnages nus et vêtus, dont, en Belgique, Van den Berghe avait déjà tiré de plus virulents effets (suite de gouaches sur le thème de la Femme, 1925) ; de même, dans les compositions religieuses (Crucifixions, Mise au tombeau, 1951, Bruxelles, coll. de l'État belge), il délègue aux squelettes remplaçant les personnages le soin d'émouvoir le spectateur par leur seule présence. En revanche, les œuvres où est représentée la gare nocturne, désuète et provinciale, au milieu de laquelle n'ose pénétrer une fillette interdite, gagnent beaucoup en vertu poétique (Trains du soir, 1957, Bruxelles, M. R. B. A.). Apparenté au Surréalisme par son érotisme latent, son métier sec et académique, aux Naïfs par son sens des valeurs et son exactitude, Delvaux se situerait plutôt, de même qu'un Balthus, dans le vaste courant du " Réalisme magique ", qui, durant l'entre-deux-guerres, jeta une passerelle entre le fantastique du Surréalisme et la démarche plus mesurée des peintres dont le regard ne quittait point ce côté-ci du miroir. Les peintures murales, d'un style très néo-classique, réalisées chez Gilbert Périer à Bruxelles en 1954, comptent parmi les meilleures créations de l'artiste. Delvaux est représenté dans les musées belges ainsi qu'à la Tate Gal. de Londres, à Paris (M. N. A. M.) et à New York (M. O. M. A.). En 1978, commande lui est passée d'une peinture murale pour décorer le métro de Bruxelles. Une fondation se constitue en 1979 en Belgique en vue de la création d'un musée Paul-Delvaux qui a ouvert en 1982 à Saint-Idesbald.