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Sonia Delaunay

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français d'origine russe (Odessa 1885  – Paris 1979).

Elle passe son enfance à Saint-Pétersbourg et voyage en Finlande, en Suisse, en Italie, en Allemagne. En 1903, elle étudie le dessin à Karlsruhe et commence à exécuter des portraits au fusain. Arrivée à Paris en 1905, elle y peint son premier tableau l'année suivante, et de 1907 date une suite de portraits qui se situent entre Fauvisme et Expressionnisme (Jeune Finlandaise, M. N. A. M., Paris). Son mariage amical en 1908 avec le critique et collectionneur Wilhelm Uhde, découvreur du Douanier Rousseau, lui permet de rester en France. Elle en divorce peu après puis épouse, en 1910, Robert Delaunay. Alors que son mari traversait à ce moment une période de relative austérité chromatique, elle ne cessa de rester fidèle à la couleur pure, et sa passion inaltérable pour celle-ci ne fut pas étrangère à l'évolution décisive suivie par Robert en 1912, évolution à laquelle elle s'associa du reste aussitôt et tout naturellement avec des toiles importantes comme le Bal Bullier (1913, M. N. A. M., Paris) et Prismes électriques (1914, id.) Dès cette époque, elle pense à introduire le principe des contrastes simultanés dans les domaines de la mode vestimentaire (premiers projets de " robes simultanées "), de l'illustration (Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France en collaboration avec Blaise Cendars, 1913-14), de la reliure, de la décoration et de la publicité. Au Portugal en 1915-16, elle peint plusieurs Marchés au Minho et des Natures mortes portugaises, et collabore à Madrid en 1918 avec les Ballets russes de Diaghilev. C'est pendant les années 20 que son activité dans les domaines de la mode et de la décoration va passer au premier plan : création d'écharpes, de robes et de manteaux, de tissus simultanés pour l'habillement et l'ameublement, de costumes pour le théâtre (le Cœur à gaz, de Tzara, 1923) et le cinéma (Vertige, de M. L'Herbier, 1926), décoration d'une automobile en 1925, année où elle ouvre avec Jacques Heim, à l'occasion de l'Exposition des arts décoratifs une boutique simultanée. Elle se concentre à nouveau davantage sur la peinture à partir de 1931 et réalise de grandes peintures murales pour les pavillons de l'Air et des Chemins de fer de l'Exposition internationale de 1937. En 1939, elle participe à la fondation du Salon des réalités nouvelles, salon de l'art abstrait qui fait suite à Abstraction-Création. Après la mort de Robert, elle se réfugie à Grasse auprès des Arp et de Magnelli et réalise avec eux quelques œuvres collectives. Elle participe après la guerre aux principales expositions de l'art abstrait, prend part à la fondation du groupe Espace qui agit pour l'intégration de l'art dans l'architecture et l'urbanisme, réalise en 1957 une porte monumentale pour le stand de la firme Berliet au Salon de l'automobile. Elle continue de peindre des Rythmes colorés où le motif circulaire domine, et reste active dans le domaine des arts appliqués : édition en 1960 par le musée de Bielefeld de son célèbre jeu de cartes simultané, réalisation de vitraux pour l'église de Saux dans le Quercy, création de mosaïques, de tapisseries et de tapis, décoration de vaisselle, publication en 1969 de l'Alphabet sur lequel elle travaillait depuis 1947. C'est au M. N. A. M., à Paris, que son œuvre est la plus largement représentée.