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Charles-François Daubigny

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Paris 1817  – id. 1878).

Il naquit dans une famille d'artisans dont les penchants artistiques encouragèrent ses aptitudes précoces pour le dessin. À dix-sept ans, il effectua un voyage en Italie, et, à son retour, il s'attacha surtout à la gravure. Ses planches, très influencées par Rembrandt, témoignent d'un sentiment direct de la nature. Puis il travailla quelque temps à la restauration des peintures. Un bref passage, en 1840, dans l'atelier de Paul Delaroche le marqua moins que l'exemple des Hollandais copiés au Louvre. Ses premières œuvres trahissent plus de souvenirs de Ruisdael et d'Hobbema, alliés à des réminiscences classiques, que l'empreinte de son maître. À partir de 1843, attiré par le plein air, il fit de longs séjours à Barbizon et dans le Morvan (la Vallée du Cousin, 1847, Louvre). Vers 1850, sa notoriété s'accrût. Le gouvernement acheta à l'artiste une peinture. L'Étang de Gylieu (1853, musée de Cincinnati) avait été acquis par Napoléon III. Grâce à ses gains, Daubigny put alors voyager davantage. En 1852 se place l'événement capital de sa rencontre avec Corot à Optevoz (Isère). Les deux artistes travaillèrent côte à côte et s'encouragèrent à peindre sur le motif. Daubigny resta fidèle aux mêmes sites : Optevoz, où il connut Ravier, Villerville, sur les côtes de la Manche, mais surtout les rives de la Seine et de l'Oise près d'Auvers, rives longées inlassablement à bord de son célèbre bateau, le Botin, aménagé en atelier. Lisse à ses débuts, sa touche s'empâta v. 1852 et subit à ce moment une influence de Courbet : l'Écluse à Optevoz (1855, musée de Rouen) et sa réplique du Louvre de 1859 en sont les derniers témoignages. Un contact assidu avec la nature, les eaux courantes et la mer incita ensuite l'artiste à éclaircir ses tons, à alléger sa palette, à poser sa touche avec promptitude. Un des premiers, Daubigny tenta de traduire la fugacité du moment. La critique, n'entrevoyant pas encore la portée d'une telle évolution, le taxa de hâte et d'improvisation. Théophile Gautier, avec une restriction péjorative, prononça même le mot " impression ". En 1866, Daubigny séjourna en Angleterre, où il revint pendant la guerre de 1870 et où il retrouva Monet, qu'il emmena en Hollande. À Auvers, en 1870, il connut Cézanne. Ces rencontres avec des maîtres, chefs de file de la génération suivante, concrétisent la dette de ceux-ci envers Daubigny, qui fut un des précurseurs les plus significatifs de l'Impressionnisme. Le musée Mesdag de La Haye possède un ensemble capital de ses peintures, nombreuses aussi dans bien des musées, en particulier dans ceux du Louvre (coll. Thomy Thiéry) ; il faut citer aussi les deux paysages décoratifs, le Jardin des Tuileries et le Pavillon de Flore, qu'il peignit en 1861 pour l'escalier d'honneur du ministère d'État, aujourd'hui intégré dans le musée ; d'Orsay, de Lyon, de Marseille et de Reims. Une exposition Daubigny a été présentée (Minneapolis, Inst. of Arts) en 1996.