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Giovanni Battista Crespi

dit il Cerano

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (Cerano [Novare] v. 1575 – Milan 1632).

Ses premières œuvres (Dernière Cène, église paroissiale de Cerano ; Madone du gonfalon, oratorio del Gonfalone à Trecate) témoignent d'une culture provinciale lombarde se situant entre la tradition de Gaudenzio Ferrari et celle des écoles de Brescia et de Bergame. On suppose qu'en 1596 un voyage à Rome en compagnie du cardinal Borromée peut avoir révélé à Cerano le point extrême des cultures maniéristes romano-toscanes et nordiques, et surtout l'art de Baroche. Ces influences sont sensibles dans l'Adoration des mages (Turin, Gal. Sabauda ; en provenance de Mortara), Saint Michel (Milan, Castello Sforzesco), le Mariage mystique de sainte Catherine (Florence, fondation Longhi), la Visitation (Dijon, musée Magnin). Cerano domine la scène artistique à Milan de 1600 à 1610, sous la protection du cardinal Frédéric Borromée. Fidèle interprète des idées contre-réformistes du cardinal dans le sens d'une spectaculaire propagande, il peint les vastes toiles de la Vie (1602-03, 4 tableaux) et des Miracles de saint Charles Borromée (1610, 6 tableaux) au dôme de Milan. Dans ces immenses " machines ", Cerano déploie une étonnante fantaisie chromatique et une richesse d'invention dans les compositions qui traduit sa vision tragique de chroniqueur réaliste. De la même période datent les fresques et les tableaux peints dans l'église S. Maria dei Miracoli, près de S. Celso de Milan. Dans la série des " pale " d'autel où transparaît encore l'influence maniériste, son art atteint son apogée en 1610 : Pietà (musée de Novare), Crucifixion et saints (Mortara, S. Lorenzo). On décèle dans cette dernière œuvre comme un écho, fort précoce, de la manière de Rubens, qu'il connut peut-être au cours d'un second voyage à Rome. La même année, Cerano préside au décor (gonfalons, ornements liturgiques) des cérémonies de canonisation de saint Charles Borromée. Il peignit quelque temps plus tard la saisissante effigie du Saint en gloire (Milan, S. Gottardo).

Après 1610, Cerano, se rapprochant du baroque sévère de Ludovico Carracci et de ses disciples bolonais, exécute plusieurs admirables " pale " de la Madone avec des saints (Brera ; chartreuse et dôme de Pavie ; Turin, Gal. Sabauda). Au cours de la période suivante, son goût s'orientant vers Venise (surtout Tintoret), il utilise des contrastes offerts par une palette riche et par le jeu d'ombres profondes et dramatiques (Messe de saint Grégoire, Varèse, S. Vittore ; Baptême de saint Augustin, 1618, Milan, S. Marco ; Désobéissance de Jonathas, Milan, S. Raffaelo ; le Christ ressuscité et des saints, 1625, Meda, S. Vittore). Délaissant cette manière néo-vénitienne, Cerano redonne à ses derniers chefs-d'œuvre l'empreinte sombre et sévère de la Contre-Réforme dans le goût bolonais (Ludovico Carracci) et espagnol (" Pala  " de saint Pierre des Pèlerins, Vienne, K. M. ; Pietà, Milan, Monte di Pietà ; Crucifixion avec des saints, 1628, séminaire de Venegono).

Longtemps oublié, comme tous les autres " maniéristes " lombards et piémontais du xviie s., Cerano est auj. remis à l'honneur. Une grande exposition de l'ensemble de ses œuvres, organisée à Novare en 1964, a clairement montré l'originalité et la force de son art ainsi que son rôle d'initiateur et de chef d'école.

Hors d'Italie, il est représenté notamment dans les musées de Genève, de Vienne, de Vitoria (Espagne), de Bristol, de Varsovie et de Francfort.