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Lorenzo Costa

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (Ferrare v. 1460  – Mantoue 1535).

Il se forma sur l'exemple d'Ercole de'Roberti à l'époque où le grand maître ferrarais travaillait à Bologne à la cour de Giovanni II Bentivoglio. On sait (Ghirardacci, Cronaca) que, dès 1483, Costa peignait dans le palais de ce prince une Destruction de Troie (auj. perdue) ; des documents témoignent de son activité à Bologne à partir de 1485. C'est à cette première période, fort inspirée par l'art de Roberti, qu'appartient le beau retable comportant la Vierge avec quatre saints (autref. au musée de Berlin, détruit), à l'origine dans l'église S. Maria delle Rondini à Bologne, dont les pilastres latéraux (8 Saints) sont au musée d'Atlanta (coll. Kress). Également des premières années de Costa datent, notamment, la Crucifixion du musée d'Altenburg, le Saint Sébastien, signé, de Dresde (Gg) ou le carton pour le vitrail central de S. Giovanni in Monte. En 1488-1490, il peint les grandes toiles de la chapelle Bentivoglio à S. Giacomo, représentant la Madone en trône adorée par Giovanni II Bentivoglio et sa famille, le Triomphe de la Mort et le Triomphe de la Renommée. En 1492, il exécute le retable de la chapelle de Rossi à S. Petronio (la Madone en trône avec les saints Sébastien, Jacques, Jérôme et Georges). Cette œuvre est le fruit le plus remarquable de ses expériences pour poursuivre la grande tradition stylistique ferraraise, celle de Cosme Tura, de Francesco del Cossa et d'Ercole de' Roberti, qui avait trouvé, entre-temps, à Bologne, un terrain plus propice qu'à Ferrare même. Costa resta donc dans la ville des Bentivoglio, son art suivant une évolution qui le rapprocha d'abord des traditions toscanes, comme le montre la belle Madone avec quatre saints de la chapelle Ghedini à S. Giovanni in Monte (1497), puis, à partir de 1499 (prédelle de l'Adoration des mages, Brera), lui fit rejoindre, avec une fantaisie et une inquiétude prémaniéristes, le classicisme délicatement rythmé de Pérugin (dont une œuvre importante, une Madone avec des saints, parvenait cette année même à Bologne) et finalement le conduisit aux cadences capricieuses, d'humeur élégiaque, qui seront à l'origine de la formation d'Amico Aspertini. C'est dans ce sens que se succédèrent les nombreuses œuvres bolonaises de l'artiste jusqu'en 1506, du grand retable de S. Giovanni in Monte (Couronnement de la Vierge et saints, 1501) à celui de S. Martino (Assomption), aux fresques (Scènes de la vie de sainte Cécile et de saint Valérien) exécutées, à côté de Francia et d'Aspertini, dans l'oratoire de S. Cecilia à S. Giacomo (1505-1506). Ayant quitté définitivement Bologne, après l'expulsion des Bentivoglio, pour la cour d'Isabelle d'Este à Mantoue, Costa y produisit des œuvres qui, en quelques années, trahirent le rapide déclin de son inspiration. Cependant, les 2 compositions exécutées pour le studiolo d'Isabelle d'Este (le Royaume des Muses et le Règne de Comus, Louvre, œuvre commencée par Mantegna) montrent encore le talent intact du peintre et son inspiration tout intellectuelle, mélange de moderne et d'antique.