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Cornelis Cornelisz, dit Cornelisz van Haarlem

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre néerlandais (Haarlem 1562  – id. 1638).

Il est, avec Van Mander et Hendrick Goltzius, l'un des plus brillants représentants du maniérisme haarlémois. Fils de Cornelis Thomasz, il est l'élève de Pieter Pietersz Aertsen à Haarlem en 1573 ; en 1579, il voyage en France, mais s'il reflétera l'influence de l'école de Fontainebleau, c'est par l'intermédiaire des gravures, car il n'a pas dépassé Rouen. À Anvers, il reste quelque temps dans l'atelier de Gillis Coignet. En 1582, il s'installe à Haarlem, au moment même de la grande poussée maniériste dont Spranger est l'instigateur : avec Goltzius le graveur et Van Mander le théoricien, il en constitue l'un des moteurs. Dès 1585, il commence à peindre ses premières œuvres ; c'est de cette époque que date la Charité (musée de Valenciennes), longuement décrite et louée par Van Mander, où son style souple est encore influencé par l'école de Fontainebleau. Une ou deux années plus tard commence sa période proprement maniériste, avec le Baptême du Christ (1588 Paris, Louvre), dont l'allongement, la tension et les poses recherchées des figures dépassent Spranger, qui inspirera Cornelisz. En 1589, il peint la Famille de Noé (musée de Quimper), surprenante étude de nus boursouflés parodiant la grande sculpture antique et, en particulier, l'Apollon du Belvédère. Le Massacre des Innocents (1591, Haarlem, musée Frans Hals) est le type même de la peinture maniériste, violente jusqu'à l'outrance, visant à créer un véritable choc visuel. De 1593 datent les Noces de Thétis et Pélée (Haarlem, musée Frans Hals), hommage à Spranger, mais aussi influencées par Abraham Bloemaert.

Vers cette date, son style s'assagit et tend vers un académisme plus harmonieux, manifeste dans le Baptême du Christ (1593, musée d'Utrecht), où le calme formel et la gamme de couleurs à la vénitienne évoquent, par exemple, l'œuvre d'un Dirck Barendsz. On retrouve ce maniérisme apaisé dans la Bethsabée de 1594 (Rijksmuseum), une des œuvres maîtresses de l'artiste. En 1596, une curieuse Nature morte dans la cuisine (Linz, coll. part.) est à rapprocher d'Aertsen. La même année, il peint le Jardin d'amour (Berlin, château de Grünewald), composition sensuelle mais idéalisée, point de départ du style d'un Esaias Van de Velde et des peintres de la société galante de Haarlem et d'Amsterdam (Dirck Hals, Buytewech). Après 1600, il se plut à représenter maintes scènes de genre, mythologiques ou bibliques, caractérisées par des figures féminines et masculines aux visages ronds et aplatis, aux courbes onduleuses, se détachant à mi-corps sur fond sombre ou placées dans un paysage (Vénus et Adonis, 1614, musée de Caen ; la Corruption des hommes avant le Déluge, 1615, musée de Toulouse). Il continua aussi à exécuter des scènes religieuses comme le Christ et ses enfants (1633, Haarlem, musée Frans Hals) et des Assemblées de dieux et de déesses (Cérès, Bacchus, Vénus et l'Amour, 1624, musée de Lille).