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François, dit Janet Clouet

François Clouet, le Bain de Diane
François Clouet, le Bain de Diane

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Tours v.  1505-1510  – Paris 1572).

Fils de Jean Clouet, à qui il succéda comme peintre du roi en 1541, célèbre sous quatre rois, nommé en 1551 commissaire au Châtelet, François, qui reçut à cette date ses lettres de naturalisation, fit une carrière de portraitiste, mais participa aussi aux charges d'un peintre de cour : en 1547 et 1559, lors des funérailles royales, il exécuta les masques mortuaires de François Ier, du Dauphin et de Henri II. Il s'associa pour moitié avec Marc Béchot, sculpteur, et cinq autres peintres pour les funérailles, sacres, couronnements, avec " mômeries, pompes, tournois et autres choses à ce servant ". Son activité est jalonnée par de rares mentions : en 1552, il décora de " lacs, chiffres et croissants " un coffret exécuté par Scibec de Carpi ; en 1568, il est au service de Claude Gouffier et de sa femme, Claude de Beaune. De 1570-1572 datent des paiements pour deux bannières de trompettes du roi et une armure. En 1572, il exécuta pour la reine d'Espagne une miniature de la reine (Élisabeth d'Autriche sans doute). Sa dernière mention montre qu'on le consultait pour les monnaies. Il fut très apprécié par la reine Catherine de Médicis, qui collectionna ses dessins avec prédilection et en offrit 551 à sa petite-fille Chrétienne de Lorraine (en partie auj. à Chantilly, musée Condé). Il est vanté par les poètes, notamment Ronsard, qui décrit une œuvre perdue représentant la maîtresse du peintre nue ; cette mention précieuse permet d'appuyer l'attribution des peintures de genre du type de celle de Washington.

François Clouet a été longtemps confondu avec son père Jean, le surnom de " Janet " (qu'ils portèrent tous deux) ayant sans doute entretenu cette confusion et erreur.

On ne connaît de lui que 2 tableaux signés : le portrait de son ami et voisin l'apothicaire Pierre Quthe (1562, Louvre) et la Dame au bain (Washington, N. G.). Un dessin de Charles IX qui porte la date de 1566 (Ermitage) a servi de base pour lui attribuer le portrait peint de Charles IX (Vienne, K. M.) et une série de dessins (la plupart à Chantilly, musée Condé, et Paris, B. N.).

De rares peintures peuvent être rapprochées de ces œuvres certaines, comme Henri II en pied (Offices), et d'excellentes répliques d'atelier. Selon les anciens auteurs, François Clouet fut aussi un remarquable miniaturiste : on lui a attribué le François Ier à cheval du Louvre et le Henri II à cheval des Offices ; mais ces portraits équestres ont parfois aussi été attribués à Jean Clouet.

Comme le prouvent plusieurs mentions et la Dame au bain (Washington, N. G.), François Clouet, à la différence de son père, ne fut pas uniquement portraitiste ; il est probablement l'auteur de Diane au bain (musée de Rouen), dont l'importance et le succès nous sont attestés par plusieurs répliques. Il fut peut-être aussi l'inventeur de certaines scènes de genre, comme la Scène de comédie (dite le Malade imaginaire) ou les Enfants se plaignant à l'Amour, gravées avec son nom (Janet ou Genet) et éditées par Le Blon. À ce groupe d'œuvres à sujets profanes alors en vogue, se rattachent aussi des compositions comme la Belle et le billet, connue par plusieurs exemplaires (France, coll. part. ; Madrid, musée Thyssen-Bornemisza).

Son influence est visible sur un certain nombre d'œuvres restées anonymes, dont les plus célèbres sont la Sabina Poppaea (Genève, musée Rath) et les Femmes au bain du Louvre.

Formé par son père, François Clouet collabora sans doute avec lui à ses débuts : Ch. Sterling a pensé déceler des traces de cette collaboration dans le François Ier du Louvre, traditionnellement attribué à Jean et dont les mains auraient été peintes par François. Ce dernier va rapidement évoluer vers un art plus savant et plus complexe que celui de son père, témoignant d'influences diverses, italiennes, néerlandaises et allemandes. Ses portraits peints, d'une extrême finesse et d'une grande distinction, non sans froideur, sont d'admirables exemples de l'art de cour qui prévaut en France au xvie s. et de sa société raffinée (Élisabeth d'Autriche (1554-1592), reine de France, femme de Charles IX, Louvre).

Les dessins de François Clouet n'ont plus la simplicité de ceux de son père, ni leur économie de moyens : il se sert d'un métier plus riche, d'une technique plus complexe pour décrire minutieusement ses modèles, sans jamais, cependant, distraire l'attention du caractère des physionomies (Marguerite de France enfant, Chantilly, musée Condé).

Son influence fut énorme en France et même à l'étranger, dans le domaine du portrait comme dans celui de la scène de genre. Il dirigea un atelier où travaillèrent des artistes auj. très mal connus (Jacques Patin, fils de Jean, qui fut collaborateur de Jean Clouet, et Simon Le Roy).