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Petrus Christus

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre flamand (Baerle, près de Drongen, vers 1420  – Bruges 1472 ou 1473).

On ne possède sur sa vie que les éléments suivants : mentionné à Bruges à partir de 1444, il exécute en 1454 trois copies de la Vierge miraculeuse de Cambrai, s'inscrit en 1462 à la confrérie de " l'Arbre sec " avec sa femme. En 1463 et en 1467, il décore une bannière pour la procession du Saint Sang et, en 1472, il est juré des peintres. L'origine de son style est un problème encore mal expliqué. Il était autrefois admis que seule pouvait l'expliquer la plus étroite collaboration avec Jan Van Eyck. Dès lors, on imaginait volontiers en lui un chef d'atelier devenu indépendant seulement après la mort de son maître, dont il était chargé de mener à bien les œuvres inachevées. Cette hypothèse a été reprise récemment à propos des documents qui paraissent concerner la Vierge au Chartreux, très eyckienne d'aspect (New York, Frick Coll.) et la réplique qui en fut faite par Christus (Berlin, musées). Son œuvre est jalonnée de quelques tableaux datés, qui permettent de suivre un temps son évolution. Le Portrait de moine (1446, Metropolitan Museum) est remarquable par l'effet de trompe-l'œil : sur le parapet qui, à l'exemple de Van Eyck, ferme la composition au premier plan, le peintre a placé une mouche. Le Portrait d'Edward Grymostone (Londres, N. G.), daté de la même année, fait mieux apparaître les orientations de l'artiste : son goût d'une lumière nette, affaiblissant les modelés dans les plans éclairés et les opposant par des lignes sèches aux zones d'ombre. Cette tendance est accusée par une prédilection pour les architectures simples, quasi géométriques. De 1449 date l'important Saint Éloi (Metropolitan Museum, coll. Lehman) : sous le prétexte d'évoquer le patron des orfèvres, le peintre décrit une véritable scène de genre, un jeune couple faisant l'achat d'un anneau dans la boutique du saint. Les souvenirs eyckiens sont sensibles notamment dans les jeux de reflets et conduisent même à ne pas exclure l'existence d'un prototype du maître flamand. Ils sont cependant associés à une recherche de volumes simples et de gestes raides qui constituent un élément essentiel du style simplificateur de Christus. Ils se retrouvent dans la Nativité (Washington, N. G., coll. Mellon), qui emprunte à Rogier Van der Weyden le thème de l'arc " diaphragme ", motif d'architecture marquant au niveau du panneau une ouverture sur la scène représentée. On les reconnaît également dans la Déposition de croix (Bruxelles, M. R. B. A.), dont il existe cependant une petite version (Metropolitan Museum) dans laquelle ils sont moins marqués. Christus trahit dans ces deux œuvres sa totale incompréhension de l'art de Rogier Van der Weyden : s'il lui emprunte quelques gestes, comme celui de la Madeleine éplorée, l'esprit en a complètement disparu ; le sens du pathétique absent est remplacé par une méditation solennelle et figée. En 1452, Christus signe 2 volets (Berlin), dont l'un reproduit assez fidèlement la Crucifixion attribuée à Van Eyck (Metropolitan Museum) : il n'en garde cependant ni la finesse ni la qualité de lumière et souligne les éléments anecdotiques de la composition. Un petit panneau du Städel. Inst. de Francfort (la Vierge à l'Enfant assistée des saints Jérôme et François) porte une date autrefois lue 1417 (ce qui avait donné lieu à des hypothèses variées sur la carrière du peintre), mais qu'il convient de lire 1457. Une Vierge à l'Enfant assise dans une chambre (musée de Kansas City) reprend très fidèlement le cadre imaginé par Jan Van Eyck pour la Naissance de saint Jean-Baptiste (Heures de Milan-Turin), mais en conférant à l'architecture, par une lumière plus dure, un aspect quasi méridional. L'œuvre la plus populaire du peintre n'est pas datée : le Portrait de jeune femme (Berlin) ; le visage, d'un bel ovale, aux yeux légèrement bridés, traité en volumes simples, revêt un caractère mystérieux particulièrement attachant. Il est mis en valeur par la ligne nette d'un hennin court, retenu sous le menton par un bandeau de velours, et se détache sur un fond brun clair. Une autre œuvre charmante, très caractéristique de l'auteur, est la célèbre Madone à l'arbre sec (Madrid, fondation Thyssen-Bornemisza), datable sans doute des alentours de 1462, où l'artiste en revient aux réductions du Gothique international. La Pietà (Louvre) est d'un esprit très différent de celle de Bruxelles ; elle reprend la composition d'une enluminure des Heures de Milan-Turin. On attribue également à Christus une Mort de la Vierge (San Diego, Timken Art Gal.) dont l'art surprenant fait songer à l'Italie ; un voyage de Petrus Christus au-delà des Alpes a souvent été tenu pour probable. Une mention mystérieuse dans les archives milanaises pourrait y faire allusion. Il est en effet à noter que le peintre, et ce n'est pas le plus grand de ceux qu'on appelle les primitifs flamands, a été le seul à utiliser la perspective unifiée, découverte précisément en Italie, et d'une façon systématique, ce qui est pour le moins étonnant. Une importante exposition lui a été consacrée par le Metropolitan Museum de New York en 1994.