En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Antoine Caron

Antoine Caron, les Massacres du Triumvirat
Antoine Caron, les Massacres du Triumvirat

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Beauvais 1521  – Paris 1599).

Après des débuts discrets à Beauvais (cartons pour les verriers), il est, entre 1540 et 1550, mentionné à Fontainebleau sous les ordres de Primatice dans l'équipe de Nicolò Dell'Abate. En 1561, il est chargé de collaborer à l'entrée de Charles IX, qui sera reportée en 1571 et exécutée sans le concours de l'artiste. Établi à Paris, il s'y marie (1568) ; ses trois filles épouseront respectivement le portraitiste Pierre Gourdelle et les graveurs Thomas de Leu et Léonard Gaultier. " Peintre, dessinateur, enlumyneur du roi " (1572), il participe en 1573, avec le poète Dorat et Germain Pilon, à l'Entrée du duc d'Anjou, élu roi de Pologne, le futur Henri III. En 1575, il est élu juré de la corporation des peintres et sculpteurs. En 1581, il organise les fêtes pour les Noces du duc de Joyeuse. Célèbre, vanté par Dorat et par Louis d'Orléans, " poète ligueur ", il est inscrit par son gendre Gaultier dans la liste des " hommes illustres ayant fleuri en France depuis 1500 avec Clouet et Pilon ". À la fin de sa vie, il travaille pour les graveurs (Mathonnière). Un seul tableau de lui, les Massacres du Triumvirat (Louvre), est signé et daté (1566). Son nom apparaît encore sur 8 gravures de ses gendres pour le Philostrate de Blaise de Vigenère (1614 ; dessins v. 1594 ?) ainsi que sur le dessin d'Henri IV gravé par Voenius (1600) et la Flagellation (Louvre). Des mentions anciennes lui donnant, avec Lerambert, la responsabilité des cartons pour les tapisseries de l'Histoire d'Artémise de N. Houel (Paris, Mobilier national), on lui attribue certains des projets pour cette suite fameuse (dessins, Paris, Louvre et B. N.) et, par comparaison, l'Histoire des rois de France, les Tapisseries des Valois (Offices), réalisées d'après les cartons de L. de Heere. Par analogie, on peut lui attribuer certains tableaux : la Sibylle de Tibur (1585, Louvre), les Astronomes étudiant une éclipse (v. 1572, Malibu, musée J. Paul Getty), Abraham et Melchisedech (v. 1594 ?, Paris, coll. part.), la Résurrection du Christ (v. 1593, musée de Beauvais) et les Saisons (Paris, New York, coll. part.) ; avec la collaboration de son atelier, la Femme adultère (musée de Nantes).

Certaines peintures ont aussi été rapprochées de suites dessinées, comme la Remise du livre et de l'épée (musée de Beauvais) et la Reddition de Milan (Ottawa, N. G.). Il faut rendre à des artistes de son entourage le Supplice de Thomas More (musée de Blois), la Femme de Sestos et le Carrousel à l'éléphant (Paris, coll. part.)

Si sa manière est parfois sèche, Caron décrit les événements et l'histoire dans de complexes allégories. Peintre de cour, rival sans doute des Italiens, auxquels il doit beaucoup (surtout à Nicolò Dell'Abate), Caron exerça une influence certaine et reflète l'actualité et la mode de son temps. Il se distingue encore mal de ses collaborateurs (Delaune, Jean Cousin le fils, Pellerin) et de ses imitateurs.