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Giuseppe Cades

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (Rome 1750  – id. 1799).

Né d'un père français et d'une mère romaine, Cades est un artiste précoce, dont les premiers dessins datés remontent à 1762 (Rome, archives de l'Académie de Saint-Luc). Au début des années 1770, il reçoit sa première commande officielle (Martyre de saint Bénigne, San Benigno Canavese, abbaye de San Benigno di Fruttuaria). La production de ses années de jeunesse se résume essentiellement à des dessins, généralement de grand format, très achevés et destinés à la vente (Achille et Ulysse, Paris, Louvre ; Achille et Briséis, Montpellier, musée Fabre). Dès ses premières œuvres, Cades rompt avec les courants les plus traditionnels de la peinture romaine du xviiie siècle, et avec son équilibre établi non sans peine entre tendances classiques et baroques, et récupère les moyens d'expression de la grande manière du xvie siècle : figures massives, campées au premier plan avec la netteté de personnages de bas-relief, force du trait de contour, formes expressives ; il parvient à formuler un original style néomaniériste, où s'exprime la crise entre le baroque vieillissant et l'esthétique romantique naissante. La pala de la basilique romaine des Saints-Apôtres, représentant l'Extase de saint Joseph de Copertino (1777, in situ), marque un tournant néovénitien dans la peinture de Cades, sans doute influencé par ses contacts avec le milieu des Vénitiens de Rome, réuni autour des neveux du pape Clément XIII Rezzonico. Dans les années 1780-1790, il participe à de nombreux travaux de rénovation et de décoration intérieure de demeures romaines : palais Ruspoli (1782), Chigi de Rome (1784), Chigi d'Ariccia (1788-1791), Altieri (1787 et 1791), villa Borghèse (1787). En 1786, il est élu membre de l'Académie de Saint-Luc. À partir de 1790, une tendance classique, poussée parfois jusqu'au purisme, se manifeste dans sa peinture. Elle s'exprime dans quatre toiles envoyées au couvent de Saint-François, à Fabriano, dans les Marches (aujourd'hui dans les églises de Sainte-Catherine et de Saint-Augustin de la même ville), et dans deux tableaux d'autel pour l'église de Santa Maria la Nova à Montecelio (actuellement dans l'église de San Giovanni Evangelista de la ville). Vers la même époque, Cades peint à l'encaustique deux compositions inspirées des histoires d'Alexandre le Grand pour Catherine II de Russie (Saint-Pétersbourg, Ermitage). Le chromatisme sobre et la mise en page rigoureuse et dépouillée de ses dernières peintures n'excluent pas, dans ses dessins tardifs, une résurgence de formes maniéristes, due surtout à l'attention fidèle qu'il prêta tout au long de sa vie à la leçon de Michel-Ange. L'artiste meurt prématurément à Rome en laissant de nombreuses œuvres inachevées (Martyre du bienheureux Alliata, esquisses à Pise et à Baltimore ; Chute des anges rebelles, esquisse à Chicago). L'ensemble le plus considérable de dessins de sa main est réuni dans l'album Sequeira du musée national d'Art ancien de Lisbonne.