En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Adriaen Brouwer

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre flamand (Oudenaarde 1605 ou 1606  – Anvers 1638).

Il semble être en 1622 à Anvers et en 1625 à Amsterdam. En 1628, il entre dans l'atelier de Frans Hals à Haarlem ; il revient à Anvers en 1631 et s'y fixe désormais. Ses œuvres ne sont pas faciles à identifier, aucune n'étant signée, quelques-unes seulement portant son monogramme. La critique s'accorde cependant pour lui attribuer env. 80 tableaux et quelques dessins. On distingue les œuvres de la période hollandaise de celles de la période flamande, les premières révélant encore une lointaine influence de Pieter Bruegel le Vieux. Un Intérieur d'auberge (Rotterdam, B. V. B.), une Beuverie paysanne (Mauritshuis), les Fumeurs (musée de Kassel) montrent des personnages caricaturaux, mais vrais, animés d'une vivacité encore toute flamande. De retour à Anvers, le peintre multiplie des têtes d'expression, comme la Tête de paysan (Oosterbeek, coll. part.), l'Homme au chapeau pointu (Rotterdam, B. V. B.) ou son autoportrait (Mauritshuis). Il emprunte à la Hollande une autre atmosphère, imprégnée d'un clair-obscur qui donne à ses tableaux une profondeur nouvelle : ainsi pour la Tabagie (Louvre), les Joueurs de dés se battant (Dresde, Gg), l'Opération au pied (musée d'Aix-la-Chapelle). Il commence alors à s'exprimer par le paysage, associant la nature aux activités humaines, tandis que le crépuscule, la nuit et la tragédie l'attirent. Dans le Paysage au clair de lune (musées de Berlin), les Buveurs en plein air (Madrid, fondation Thyssen-Bornemisza), le Paysage au crépuscule (Louvre), une humanité misérable présentée en un raccourci intense se fond dans des paysages que les glacis, la densité de la matière, la facture large, jointe par endroits à une touche délicate, chargent d'une poésie sinistre et romantique. Tenu en haute estime à son époque (Rubens possédait 17 de ses tableaux et Rembrandt 8), il eut des imitateurs nombreux dont aucun n'atteint à sa force, car il est difficile de dissocier sa vie de son œuvre. La plus belle série de ses tableaux, conservée à Munich, est d'un pessimisme presque insoutenable, qui rappelle Bosch ou Bruegel. Les personnages grimaçants et monstrueux, enfermés dans les limites d'une taverne, savent qu'ils ne peuvent échapper à ce monde clos, siège de rixes et de combats sordides... Lorsqu'un paysage apparaît, celui-ci est inaccessible. Dans de rares tableaux, un enfant apparaît, messager d'espoir ? Un tel univers, porteur d'une intensité de vécu aussi grande, était inimitable. David Téniers reprend sa conception, déjà très moderne, du paysage, tandis que des Néerlandais comme I. Van Ostade, H. M. Sorgh, P. Bloot, ou des Flamands comme J. Van Craesbeck, D. Ryckaert III, D. Téniers le Jeune s'inspirent de ses peintures de genre.