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Marcel Broodthaers

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Artiste belge (Bruxelles 1924  – Cologne 1976).

Subtile et énigmatique, l'œuvre de Broodthaers est difficilement réductible à une définition et à une classification. Proche, en 1945, du groupe Surréaliste révolutionnaire auquel il participe après avoir rencontré René Magritte (1940), avec qui il reste très lié, Broodthaers publie en 1957 son premier livre de poésie, Mon livre d'ogre et réalise son premier film, la Clef de l'horloge. Tout au long de sa carrière, l'importance des jeux linguistiques issus de l'œuvre de Mallarmé et de celle de Magritte se concrétisera dans une série de livres d'artiste (Un coup de dés jamais n'abolira le hasard/Image, 1969 ; Je hais le mouvement qui déplace les lignes/Charles Baudelaire, 1973), parfois liés à la réalisation d'environnements (Le Corbeau et le Renard de Marcel Broodthaers, 1968, Anvers, Wide White Space Gal.). De 1964, date de sa première exposition (Moi aussi je me suis demandé si je ne pouvais pas vendre quelque chose..., Bruxelles, gal. Saint-Lambert), à 1970, Broodthaers crée des œuvres à base de coquilles de moules (la Panne, 1967, Calais, musée des Beaux-Arts), d'œufs (l'Erreur, 1966) souvent peints, objets sans valeur, mais fragiles, jouant sur le rapport entre les choses et leur dénomination, dans la lignée de Magritte (la Malédition de Magritte). Il produit aussi des objets fonctionnant par un jeu de métonymies (le Costume d'Igitur, Strasbourg, M. A. M.). De nombreuses œuvres interrogent le seul signifiant linguistique, formant des collections de lettres et de mots (Un coup de dés, 1969), aboutissant à des séries mettant en question les modes de représentations des significations des noms et des mots (Rubens, 1973, Paris, M. N. A. M.). Fils spirituel de Mallarmé, de Magritte, de Duchamp et des surréalistes, Broodthaers va chercher à révéler sans démagogie la réalité politique et sociologique de notre environnement, à partir d'un langage symbolique, allusif et référentiel, puzzle d'éléments divers sans lien apparent (objets, dessins, textes, photos, films). À partir de 1968, date de la fondation du " musée d'Art moderne, Département des aigles " hiérarchisé en sections et départements, fixé successivement à Düsseldorf (1970) puis à Londres (1972), Broodthaers crée son propre musée, présenté, sous des formes chaque fois différentes, dans des villes successives (Bruxelles, 1968 ; Anvers, 1969 ; Düsseldorf, 1970-71-72 ; Cologne, 1971 ; Kassel, 1972). Rassemblement d'objets divers (caisses d'œuvres, cartes postales à Bruxelles, par exemple) mettant en cause le caractère précieux des œuvres d'art et la permanence de la collection, ce musée, fiction de l'artiste, est un détournement mais aussi un éloge du rôle de l'institution et de ses classifications (ainsi à Düsseldorf, le " Département des Aigles " présente trois cents représentations d'aigles toutes marquées " ceci n'est pas une œuvre d'art "). De septembre 1974 à octobre 1975, Broodthaers réalise une série de six grandes expositions, résumés de sa carrière (Bruxelles, palais des Beaux-Arts : " Catalogue-catalogues " ; Bâle, Kunstmuseum : " Éloge du sujet " ; Londres, I. C. A. : " Décor " ; Paris, C. N. A. C. : " l'Angélus de Daumier "). Des rétrospectives ont eu lieu à Londres, Tate Gallery, 1980 ; à Rotterdam, B. V. B., 1981 ; à Minneapolis, 1989 ; à Paris (Jeu de Paume), 1991-1992.