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Agnolo Tori, dit il Bronzino

Julien de Médicis
Julien de Médicis

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (Florence 1503  – id. 1572).

Avec Bronzino, la tendance la plus officielle du maniérisme toscan apparaît dans toute sa stylisation précieuse et son invention décorative presque illimitée. Placé d'abord chez R. del Garbo, puis élève de Pontormo, il assiste ce dernier à la chartreuse de Galluzzo (1523-1525), puis à la chapelle Capponi de S. Felicità (1526-1528), où il oppose à l'irréalisme anxieux du maître un modelé ferme et une observation impassible et égale (2 tondi des Évangélistes à la voûte). En 1530, après le siège de Florence, Bronzino est à Pesaro au service des ducs d'Urbino (Portrait de Guidobaldo della Rovere, Florence, Pitti), où il décore la villa Imperiale de fresques, auj. disparues. De retour à Florence en 1532, il collabore de nouveau avec Pontormo (villas de Careggi et de Castello) et participe en 1539 à l'entrée à Florence d'Éléonore de Tolède, épouse de Cosme Ier. Chargé du décor de la chapelle d'Éléonore au Palazzo Vecchio, achevé en 1543 (fresques du Déluge, du Serpent d'airain et décor de la voûte), il devient le portraitiste officiel de la Cour et impose bientôt dans un genre étroitement défini un style artificiel et parfait qui dominera très vite l'art de cour en Europe. Les portraits de Cosme Ier, d'Éléonore de Tolède et son fils, de Bartolomeo et de Lucrezia Panciatichi (Offices) isolent, sur un fond neutre, aux savantes perspectives architecturales, des chairs froides et lisses, comme taillées dans une matière précieuse. Bronzino illustre les goûts humanistes de ses modèles en évoquant leurs collections ou leurs lectures (Portraits d'hommes aux Offices, au Louvre, aux musées de Berlin et d'Ottawa et au Metropolitan Museum).

Vers 1545, Bronzino achève la Déposition de la chapelle d'Éléonore, d'une perfection un peu glacée (musée de Besançon, remplacée dans la chapelle par une réplique), et réalise, à la demande de François Ier, une allégorie compliquée au titre et au contenu largement controversés (Vénus et Cupidon entre le Temps et la Folie, Londres, N. G.), expression capricieuse et savante de ses plus extrêmes exigences formelles. Invité à Rome (1546-48), il y exécute plusieurs portraits.

Comme Pontormo, il interroge de très près Michel-Ange, dont les motifs tourmentés deviendront, chez lui, sous l'influence de Bandinelli, d'un académisme un peu étouffant (Christ aux limbes, 1552, Florence, S. Croce ; suite de tapisseries de l'Histoire de Joseph, 1546-1553, id., Palazzo Vecchio). Membre de l'Académie du dessin, créée en 1562, il règle, deux ans après, avec Cellini, Vasari et Ammannati, le cérémonial des funérailles de Michel-Ange à S. Lorenzo et succède à Pontormo dans les travaux du chœur de cette même église (fresques disparues).

Les formes heurtées et la virtuosité un peu conventionnelle des dernières œuvres (Martyre de saint Laurent, 1569, Florence, église S. Lorenzo) seront indéfiniment reprises par les artistes florentins de la fin du siècle, en particulier par son élève A. Allori.