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Petr Brandl

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre tchèque (Prague  1668  – Kutná-Hora, Kuttenberg, 1735).

Né d'un père allemand et d'une mère tchèque qui comptait des artistes dans sa famille, il entra dans l'atelier de Christian Schröder, peintre de la cour, mais sa véritable formation se fit par l'étude des maîtres italiens et néerlandais de la galerie du château de Prague, dont son maître était le directeur. On retrouve dans son art l'influence des Vénitiens, Véronèse et les Bassano en particulier, mais aussi celle des peintres vivant à Prague, tels Byss, Willmann, Liska et surtout Halbax, dont la peinture ténébriste lui permit de poursuivre dans la voie ouverte par Skreta. Son activité se limite au territoire des pays de la couronne de Bohême et il jouissait, en son temps, d'une certaine renommée, même à l'étranger. L'art de Brandl se caractérise par une très grande liberté de l'écriture, apte à traduire toutes les émotions, et par une conception presque sculpturale du volume qui influença des artistes comme Braun et Brokof, ce qui contribua à lui donner une place centrale dans l'apogée du Baroque en Bohême. Il n'a cessé de travailler sur l'espace et la lumière, s'orientant de plus en plus vers un luminisme comparable à celui de S. Ricci. Ses tableaux d'autel sont nombreux. L'Adoration des mages (1727, Smiřice) rappelle la couleur et l'harmonie de Véronèse. L'emploi d'un clair-obscur, en avance sur son temps, dans la Mort du bienheureux Günther (Břevnov) trouve son équivalent chez le Bolonais Crespi et surtout le Vénitien Piazzetta. Le portraitiste fut aussi très apprécié. Le Gentilhomme drapé dans une cape bleue (Prague, Narodní Galerie) présente des analogies avec la tradition française du portrait d'apparat mais aussi avec l'œuvre de N. Maes, tant par la conception d'ensemble que par les détails de l'exécution, la couleur et la lumière. La parenté de son Autoportrait (v. 1697) avec Kupecký est due à une communauté de vues et non à une influence directe. Le Portrait d'un administrateur des mines, comme toutes les œuvres tardives de Brandl, se caractérise par un emploi très large des tons froids. Il y démontre ses qualités expressives en associant diverses techniques du pinceau, dont l'une consiste à laisser dans la matière des petits trous ronds aux bords surélevés avec l'intervention directe des doigts. Il pratiqua aussi la peinture de genre : Trois Femmes et un chasseur (v. 1720, Hluboká, Gal. Alès). Les années qui précédèrent sa mort furent sombres et la peur des créanciers lui fit mener une vie errante. C'est peut-être aussi à cause de cette triste fin que, depuis le Romantisme, sa personnalité, devenue légendaire, est l'objet d'une véritable vénération.