En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Giovan Battista Bracelli

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (connu de 1624 à 1649, à Florence et à Rome).

Redécouvert récemment, il ne doit pas être confondu avec son homonyme génois, peintre élève de G. P. Paggi. Il est surtout connu pour ses " bizarie ", exécutées à Florence en 1624 : ce sont 48 pointes-sèches représentant soit des éléments anthropomorphes de la nature (port constitué par un homme allongé), soit des figures constituées d'objets divers reconnaissables (ustensiles ménagers, jeux) ou abstraits, d'aspect mécanique (cylindres). Il grava dans le même esprit étrange une suite de 20 personnages porteurs d'instruments de musique, important document pour l'histoire musicale. Il n'est plus connu ensuite que par des gravures sans fantaisie, reproductions d'œuvres célèbres (le Baldaquin de Bernin, le relief d'Attila de l'Algarde). Sans doute était-il également peintre : on lui attribue un Saint Benoît ressuscitant un mort (Florence, Grand Séminaire). On ignore ses sources d'inspiration : les personnages animés de Villard de Honnecourt (xiiie s.) ou ceux d'Ehrard Schön (xvie s.) ? Mais son but n'est pas pédagogique, comme il l'est pour le premier, et sa préoccupation n'est pas la perspective, comme c'est le cas pour le second. Les compositions anthropomorphiques d'Arcimboldo, peut-être ? Pesantes et monstrueuses, celles-ci n'ont rien de la vivacité, de l'élégance et de l'humour propres à Bracelli. En fait, il dut connaître les dessins " cubistes " de Luca Cambiaso, recherches géométriques de simplification du volume, d'esprit maniériste. Mais il cherche au-delà de ce procédé technique et, par son goût de la dérision et de la caricature, donne à ses œuvres la valeur de " vanités ". On a vu en lui un esprit " moderne ", précurseur du Cubisme par ses simplifications et cette apologie de la mécanique digne de Fernand Léger. En fait, son goût des associations est contraire à l'esprit cubiste. On ne retrouve de telles recherches de volume et d'incongruité que dans les " mannequins " de De Chirico et dans certaines créations surréalistes, telles que la Cité des tiroirs de Salvador Dalí (1936), ainsi que dans les sculptures de Gargallo.