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les Bouts

Dieric Bouts, la Cène
Dieric Bouts, la Cène

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintres flamands.

Dieric ou Dirc ou Dirk (Haarlem v.  1415 – Louvain 1475). Le témoignage de Van Mander et le relevé d'une signature, auj. disparue, attestent son origine haarlemoise. Rien de plus précis n'est connu sur sa jeunesse ; seule l'analyse de son style peut permettre de situer l'artiste dans un milieu fortement marqué par l'influence de Jan Van Eyck. Des textes le mentionnent à partir de 1457 à Louvain, où il mène la vie d'un bourgeois aisé. Vers 1445-1448, il dut épouser Catherine Mettengelde, dont il eut quatre enfants.

Les seuls tableaux dont l'attribution soit confirmée par des sources d'archives sont le triptyque de la Cène de la cathédrale de Louvain, achevé en 1468, et 2 " tableaux de justice " (conservés à Bruxelles, M. R. B. A.), destinés primitivement à l'hôtel de ville, qui illustrent la légende de l'empereur Othon. Autour de ces œuvres ont pu être regroupés de nombreux tableaux, dont les plus proches sont : le Martyre de saint Érasme (cathédrale de Louvain), exécuté pour la même confrérie que la Cène, un Portrait d'homme, daté de 1462 (Londres, N. G.), où se retrouve l'austérité des tableaux de Bruxelles. Plus dramatiques dans leurs sujets comme dans leur animation sont un triptyque de la Déposition de croix (cathédrale de Grenade), une Pietà (Louvre), un polyptyque, peint sur toile, et dont les éléments sont dispersés entre le M. R. B. A. de Bruxelles (Crucifixion), le Getty Museum (Annonciation), la N. G. de Londres (Mise au tombeau), le Norton Simon Museum de Pasadena (Résurrection) et une coll. privée (Adoration des Mages) ; chacune de ces peintures révèle la connaissance des grandes œuvres de Rogier Van der Weyden, auxquelles Bouts emprunte des schémas de composition, une tendance à l'allongement des formes et une certaine recherche du pathétique. D'autres œuvres paraissent plus fidèles à la leçon de Van Eyck. La spécificité de l'art de Bouts, c'est d'associer une tension extrême et complètement intériorisée des personnages avec des intérieurs volontairement contemporains, ce qui devait permettre au dévot de s'insérer en quelque sorte dans les scènes représentées, d'autant plus facilement que, dans de nombreux cas, des personnages en costumes contemporains apparaissent mêlés à la scène en tant qu'acteurs et non plus spectateurs. Il établit, comme Rogier Van deŕ Weyden, un rapport intime entre la nature et les personnages. C'est ainsi que la Vierge à l'Enfant (Londres, N. G.) est présentée à mi-corps devant une draperie de soie près de laquelle une fenêtre laisse voir une échappée sur un paysage minutieusement décrit, formule destinée à connaître un considérable succès et qu'il utilise (c'est le premier exemple connu de ce type de portrait) pour son Portrait d'homme de la N. G. de Londres (1462). Parmi ses autres œuvres importantes, on peut citer : le Couronnement de la Vierge (Vienne, Akademie), le Martyre de saint Hippolyte (Bruges, église du Saint-Sauveur), Moïse et le buisson ardent (Philadelphie, Museum of Art). Citons également le triptyque, avec l'Adoration des Mages, dite la " Perle du Brabant " (Munich, Alte Pin.), deux volets évoquant le Chemin du Ciel et l'Enfer (musée de Lille) et un retable consacré à la Vie de la Vierge (Prado), dans lequel on s'accorde à voir la première œuvre actuellement connue du peintre. Bien d'autres tableaux lui sont attribués, qui appartiennent à des collections publiques ou privées d'Allemagne (ainsi l'Arrestation du Christ et la Résurrection [Munich, Alte Pin.]), des États-Unis, de Grande-Bretagne, des Pays-Bas. Signalons qu'il existe de nombreuses répliques contemporaines, les unes dérivées de la Vierge à l'Enfant (Londres, N. G.), les autres présentant une formule de diptyque associant les figures à mi-corps du Christ et de la Vierge en prière. Elles témoignent du succès de l'art de Bouts en son temps.

Albrecht ( ? entre 1452 et 1454 – Louvain 1549). Second fils de Dieric, il est mentionné pour la première fois à Louvain en 1473 ; nous savons, par différentes pièces d'archives, que son art eut beaucoup de succès et que l'artiste vécut dans l'aisance. E. Van Even fut le premier, en 1866, à découvrir l'analogie entre le triptyque de l'Assomption de la Vierge (Bruxelles, M. R. B. A.) et le tableau peint par Bouts pour la chapelle de Notre-Dame à l'église Saint-Pierre de Louvain et dont Molanus fait mention. Cette œuvre, signée sur le blason, a permis d'établir un catalogue qui groupe plus de 70 tableaux (musées d'Anvers, de Bruxelles, de Munich). Son art est moins figé, mais plus crispé que celui de son père et trahit l'influence de Van der Goes, dans l'atelier de qui il a dû travailler avant de s'installer à Louvain (le Christ chez Simon, Bruxelles, M. R. B. A.).