En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Abraham Bosse

Abraham Bosse, la Saignée
Abraham Bosse, la Saignée

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Tours 1602  – Paris 1676).

Fils d'un tailleur, il fut, avec Sébastien Bourdon, l'un des rares grands artistes du xviie s. adepte du calvinisme. Dès la fondation de l'Académie royale, en 1648, il est chargé d'enseigner la perspective ; il est nommé graveur honoraire en 1651, puis conseiller (1655), mais il est exclu de cette institution en 1661 à cause de l'irascibilité de son caractère et peut-être aussi, en partie, en raison des principes rigoureux qu'il ne cessa de professer, avant et après. Il ouvre aussitôt une école concurrente, que le roi fit fermer. Il multiplia dès lors les protestations et les libelles, frondant Louis XIV et Colbert, opposant au système esthétique de Le Brun la règle mathématique et l'exemple de Poussin.

Il vécut en artisan dans l'île Saint-Louis, à Paris, où, dès 1628, il avait rencontré Jacques Callot, qui lui apprit à substituer au vernis mou et gras employé jusqu'à lui par les aquafortistes un vernis fin, sans graisse, semblable à celui des luthiers et grâce auquel la morsure de l'acide donne un trait aussi pur que le trait obtenu au burin. Abraham Bosse débuta en 1629 par la publication d'une Suite de gravures de mode à la manière de Callot. Son style n'a jamais eu la vivacité elliptique que l'on admire dans les planches du maître lorrain. Abraham Bosse est un descripteur, non pas un interprétateur et un poète. Il pratique, avec une certaine lourdeur et quelque monotonie, un naturalisme direct et profondément honnête.

Son œuvre, qui comporte 1 506 eaux-fortes imitant la gravure au burin, constitue un tableau complet de la société française pendant la première moitié du xviie s. : gentilshommes, grandes dames, bourgeois et gens de la campagne, représentés dans la vérité de leurs costumes, de leur démarche et de leurs gestes, parmi des meubles dont la structure et l'ornementation sont précisées avec la même exactitude que l'architecture des édifices et la décoration intérieure. Ses planches les plus célèbres sont le Bal, la Bénédiction de la table, la Galerie du Palais, le Courtisan suivant le dernier édit, le Clystère, le Maître d'école, le Crocheteur, le Peintre, le Sculpteur, les Graveurs, l'Impression des planches en taille-douce, le Jardin de la noblesse française, les Paraboles (où il situe les scènes de l'Écriture dans le cadre du Paris de son temps), les Figures en naturel, tant des vêtements que des posture, des gardes-françaises du Roy Très-Chrétien. On lui doit également des illustrations. Il est largement représenté à Paris, au cabinet des Estampes de la B. N., et le Louvre possède quelques-uns de ses dessins. Rembrandt appréciait les eaux-fortes d'Abraham Bosse et en possédait plusieurs.

Bosse a beaucoup écrit. On citera le Traité des manières de graver en taille-douce (1645) et le Peintre converty aux précises et universelles règles de son art (1667), traduits en diverses langues. Robert Nanteuil fut son élève.