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Richard Parkes Bonington

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre britannique (Arnold, Nottinghamshire, 1802  – Londres 1828).

En 1817, il suivit sa famille à Calais, où il fut l'élève de Louis Francia, qui avait été formé à l'aquarelle dans la tradition anglaise et chez qui il se lia avec W. Wyld. Il partit ensuite pour Paris (1818) et y travailla quelque temps dans l'atelier de Gros en compagnie de Colin et d'Eugène Isabey et P. Huet (1820-1822). Il visita le nord de la France en 1821-22 (faisant ainsi avec Colin, en Normandie, son premier " voyage pittoresque " dans la tradition toute britannique de Prout ou de Cotman), la Belgique en 1823, l'Italie du Nord et Venise en 1826. Le paysage restait sa principale préoccupation, et 2 aquarelles de Normandie furent ses premiers envois au Salon, en 1822. Elles obtinrent un succès immédiat, renforcé par le soutien des marchands français de Bonington, de Schroth et de Mlle Hulin, qui allaient développer le goût pour l'aquarelle " à la manière anglaise " dans la France de la Restauration. Bonington n'eut jamais de problèmes pour vendre ses œuvres, demandées (et copiées de son vivant) des deux côtés de la Manche (il noua d'utiles relations avec les marchands londoniens en 1827). La Cathédrale et le quai à Rouen (v. 1821, British Museum) procède encore du style topographique, traditionnel depuis Girtin, mais les aquarelles exécutées par la suite au cours de ses voyages annuels, d'un pinceau plus coloré et plus audacieux, révèlent l'influence de ses études à Paris et son goût croissant pour la peinture à l'huile. Il exposa, au Salon de 1824, 4 paysages à l'huile et 1 aquarelle qui lui valurent une médaille d'or, obtenue également par ses compatriotes Constable et Copley Fielding. À partir de 1825, il fit, chaque année, un voyage à Londres, où il se fit connaître, mais sa première visite reste mémorable par l'établissement à Londres, autour de lui, de tout un groupe d'artistes, Colin, Isabey, Th. et C. Fielding et surtout Delacroix (qu'il avait rencontré au Louvre en 1819). De retour à Paris, les deux hommes partagèrent le même atelier, et, tandis que Delacroix tirait profit de la brillante technique des aquarelles de Bonington, celui-ci fut, de son côté, amené à s'essayer à des scènes historiques ou orientales. L'année 1826 représente le sommet de sa brève carrière, interrompue par la tuberculose. Il participe à l'exposition au profit des Grecs, se lie avec H. Auguste, le baron Rivet, T. S. Boys. Il expose pour la première fois à la R. A. en 1827, avec succès, et peint des œuvres telles que la Scène sur la Côte picarde (v. 1826, Kingston upon Hull, Ferens Art Gal.), où s'exprime en termes picturaux sa sensibilité très vive à l'atmosphère. L'été, il se rend en Italie ; la lumière changeante de Venise et ses édifices aux couleurs vives convenaient admirablement à sa technique, et les études qu'il en donna, tel le Monument au Colleone (aquarelle, v. 1826-27, Louvre), figurent parmi ses meilleures œuvres. Il exécute ultérieurement plusieurs vues de Venise et des scènes historiques, comme Henri IV et l'ambassadeur d'Espagne (1827), François Ier et Marguerite de Navarre (id.), Henry III et don Juan d'Autriche (1828, tous trois à Londres, Wallace Coll.), qui, bien que proches de Delacroix, dénotent son intérêt encore plus fort pour la peinture vénitienne. À partir de 1824, il réalisa plusieurs lithographies et travailla pour les Voyages pittoresques dans l'ancienne France du baron Taylor, démontrant ainsi le caractère spontané de ce nouveau moyen d'expression (Normandie, 1824 ; Franche-Comté, 1825-1827 ; Bonington lithographia aussi d'après F. H. Pernot pour les Voyages pittoresques de l'Écosse, 1827).

Bonington fut une personnalité marquante des milieux artistiques français des années 1820 en même temps qu'un excellent représentant du style pictural anglais. En Angleterre, il contribua au développement de la peinture pittoresque du xixe s. Son œuvre, malgré sa qualité, justifie parfois cette remarque de Delacroix concernant l'artiste : " emporté par sa propre virtuosité ". Son atelier fut dispersé chez Sotheby les 29 et 30 juin 1829, mais un grand nombre d'œuvres restèrent en France. Bonington est bien représenté dans la plupart des grands musées anglais (en particulier à Nottingham et à la Wallace Coll. de Londres ainsi qu'au Y. C. B. A. de New Haven) et au Louvre (le Parterre d'eau à Versailles, v. 1826 ; Vue des côtes normandes, v. 1823-24). Une exposition a été consacrée à l'artiste (Paris, Petit Palais) en 1992.