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Umberto Boccioni

Umberto Boccioni, Développement d'une bouteille dans l'espace
Umberto Boccioni, Développement d'une bouteille dans l'espace

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (Reggio di Calabria 1882  – Vérone 1916).

À Rome en 1901, il fréquente avec Severini l'atelier de Balla, qui eut une influence déterminante sur sa formation. Après un séjour à Paris en 1906, il s'installe à Milan l'année suivante. Dans la série des Banlieues (1908-1910), les thèmes sociaux, le naturalisme rigoureux, la composition volontairement asymétrique, les hallucinantes perspectives en hauteur rejoignent l'esthétique de Balla et du divisionnisme italien. Un art de suggestion mentale se substitue progressivement au vérisme imitatif des premières œuvres, où se retrouvaient un symbolisme social (la Ville qui monte, 1911, New York, M. O. M. A.) et une analyse émotionnelle exaspérée : le Deuil (1910), la célèbre série des États d'âme (1911), les Adieux (Milan, G. A. M.), Ceux qui s'en vont (id.), Ceux qui restent (id.). En développant ses premières recherches divisionnistes, Boccioni atteint à des effets dynamiques déjà proches des conceptions futuristes : Rixe dans la galerie (1910, Milan, Brera).

En 1910, il se lie avec le poète Marinetti et les peintres Carrà et Russolo. De ces rencontres naquit le Futurisme : cette même année, Boccioni écrit le Manifeste des peintres futuristes, suivi du Manifeste des techniques de la peinture futuriste. Dès cet instant, il s'associe aux luttes du groupe, organise des expositions dans les capitales européennes, collabore à la revue Lacerba. En 1912, il signe le Manifeste technique de la sculpture, dans lequel il énonce sa poétique. Boccioni fut l'élément le plus actif du mouvement futuriste et son représentant le plus important. R. Longhi souligne dans un de ses ouvrages que, pour Boccioni, le problème du dynamisme plastique, principe même de la poétique futuriste, était, par son sens inné de la matière, une solution personnelle à travers une " compénétration de plans colorés, vibrants, pulvérulents, atomiques ". Ses premières œuvres futuristes, peintures et sculptures, datent de 1911 : Éclat de rire (New York, M. O. M. A.). Après un nouveau séjour à Paris (1911-12), en compagnie de Severini et de Marinetti, Boccioni porte jusqu'à son extrême limite le problème fondamental de l'esthétique futuriste, la construction des formes dynamiques qui reposent sur les concepts de " simultanéité " et de " lignes-forces ". Il développe également ses concepts dans une série d'écrits théoriques et les explicite dans des œuvres comme Matière (1912), Elasticità (1912, Milan, Brera), Charge des lanciers (1915, id.) ou dans la série des " dynamismes " (Dynamisme d'un corps humain, 1913, Milan, G. A. M.). Il y pose d'une manière particulièrement sensible le problème des rapports du Futurisme et du Cubisme, et tente d'en dépasser les prémisses grâce à une conception dynamique des volumes. Ses dernières œuvres (séries de gouaches et de dessins, 1912-13 ; le Portrait de Ferruccio Busoni, 1916, Rome, G. A. M.) marquent un net retour à Cézanne. Boccioni exposa avec le groupe futuriste à chacune de ses manifestations. Peu de temps après sa mort, une grande rétrospective lui a été consacrée. En 1966, la Biennale de Venise présenta son œuvre de peintre et de sculpteur en même temps que Reggio de Calabre organisait une exposition de son œuvre graphique. L'artiste est très bien représenté à New York (M. O. M. A.), à Milan (G. A. M.), à Rome et dans des coll. part. italiennes ou américaines. Une exposition consacrée à Boccioni à Milan fut présentée dans cette ville, au Palazzo Reale, en 1982-83.