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les Bloemaert

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Famille d'artistes néerlandais.

Cornelis I (Bergheik v.  1525 ou Dordrecht 1540  –Utrecht v.  1595). Sculpteur et architecte, il se fixa à Utrecht, où il fut maître en 1576 et doyen de la gilde en 1594 ; en 1591, il accompagna à Amsterdam son fils Abraham (Gorinchem 1564 – Utrecht 1651) ). À l'âge de seize ans, ce dernier, à Paris pour trois ans, fut l'élève de Jean Bassot et de Hieronymus Francken et subit l'influence de l'art de Rosso et de l'école de Fontainebleau en général ; de retour à Utrecht en 1583, il travailla dans l'atelier de Gerrit Splinter et de Joos de Beer ; puis, entre 1591 et 1593, il se rendit à Amsterdam en compagnie de son père et revint à Utrecht, où il resta jusqu'à sa mort et où il eut six enfants : Hendrick, Cornelis II, Judith, Hugo, Adriaen et Frederick. Maître à la gilde des peintres d'Utrecht en 1611, doyen en 1618 et inspecteur de 1611 à 1628, Abraham Bloemaert fut un aquafortiste très estimé et surtout un artiste qui embrassa tous les genres de peinture. Parallèlement au milieu maniériste de Haarlem, illustré par Cornelis Van Haarlem et Goltzius, il développa à Utrecht un maniérisme attardé, teinté d'italianisme et sensible, après 1620, à l'exemple des peintres caravagesques utrechtois. Sa première période n'est pas à mésestimer. Elle constitue en effet le point de départ essentiel de l'école maniériste de Haarlem : la Mort des Niobides (1591, Copenhague, S. M. f. K.) prouve la dépendance de l'artiste à l'égard de Spranger ; mais les Noces de Thétis et Pelée (Mauritshuis) œuvre exécutée en 1590-1593, lors de son séjour à Amsterdam, révèle l'affirmation d'un style personnel qui influencera Cornelis Van Haarlem lorsqu'il traitera le même sujet (Haarlem, musée Frans Hals). Peintre de portraits : Portrait de femme (musée de Philadelphie), Portrait d'homme (1647, musée d'Utrecht), il est surtout connu pour ses représentations religieuses : Moïse frappant le rocher (Metropolitan Museum), aux coloris aigres et aux formes tourmentées si typiques de son expressionnisme exacerbé, Judith montrant au peuple la tête d'Holopherne (Vienne, K. M.), la Prédication de saint Jean-Baptiste (Rijksmuseum, Louvre, musées de Nancy, de Brunswick, S. M. f. K. de Copenhague), la Résurrection de Lazare (1607, Munich, Alte Pin.), l'Adoration des bergers (1612, Louvre), la Madeleine pénitente (1619, musée de Nantes), le Christ à Emmaüs (1622, Bruxelles, M. R. B. A.), la Crucifixion (1623, musée d'Utrecht), l'Annonce aux bergers (Haarlem, musée Frans Hals), l'Adoration des mages (musée d'Utrecht, 1624 ; musée de Grenoble), le Repos pendant la fuite en Égypte (musée d'Utrecht ; Rijksmuseum, 1632), et pour ses scènes mythologiques : Vénus et Adonis (1632, Copenhague, S. M. f. K.), Latone et les paysans (1646, musée d'Utrecht), aux compositions riches et agréables, aux draperies mouvementées et aux figures souvent trop gracieuses mais fascinantes et outrancières où, dans un deuxième style, il rejoint le baroque de Rubens. Il convient également de noter l'importance prise par le paysage dans nombre de ses compositions. Tout à fait à la fin de sa vie, il peindra aussi quelques scènes de genre, à la manière de Téniers, dans un style sec et linéaire.

Peintre qui s'inscrit dans le vaste courant du Maniérisme européen (250 tableaux environ sont catalogués), Abraham Bloemaert eut aussi une grande influence par l'importance de son atelier ; c'est ainsi qu'il forma des artistes comme Poelenburgh, Gerrit et Wilhem Van Honthorst, Wybrand de Gest, Wouter Crabeth, J.-B. Weenix. Bloemaert fut aussi un dessinateur prolixe et doué (on connaît quelque 600 gravures), célèbre à son époque même pour son " habile façon de dessiner ", et les figures, les animaux, les paysages de toutes ses compositions témoignent de la même facilité. Des détails naturalistes apparaissent de bonne heure dans ses paysages, qui exercèrent une grande influence sur les générations suivantes, grâce surtout à l'impression d'une partie de son œuvre par son fils Frederick, qui publia également différentes éditions du Livre de dessins (" Tekenboek ") de son père. Bloemaert est représenté dans tous les grands cabinets de dessins du monde (Vienne, Londres, Berlin, Amsterdam, New York), à Rotterdam (B. V. B.), à Dresde (Gg), à Ottawa (N. G.), à Paris (Louvre, Inst. néerlandais et E. N. B. A.), à Cambridge (Fitzwilliam Museum), à Rouen (bibl.) ainsi que dans les musées d'Angers, de Besançon, de Gray, d'Utrecht et de Weimar.

Hendrick (Utrecht v. 1601 – id. 1672) , fils et élève d'Abraham, alla à Rome en 1627, puis rentra définitivement à Utrecht, où il fut maître de 1630 à 1632 et doyen de la gilde en 1643 ; il y composa des poésies et peignit des scènes de genre : la Marchande d'œufs (1632, Rijksmuseum), la Marchande de fruits (Dijon, musée Magnin), des portraits : Maria Van Pallaes faisant l'aumône (1657, musée d'Utrecht) et surtout des scènes mythologiques : Mercure et Argus (musée d'Utrecht), dérivées de Honthorst.

Cornelis II (Utrecht v. 1603 – Rome v. 1684) , également fils et élève d'Abraham, est essentiellement connu comme graveur, métier qu'il apprit chez Crispin de Passe. En 1630 il est à Paris, puis s'établit à Rome, où il reste jusqu'à sa mort. Il y grave, sous la direction de Pierre de Cortone et notamment pour la famille Barberini, des œuvres d'une manière précise et très finie dérivées de Honthorst et de son père.

Adriaen (Utrecht 1609 – id. 1666) , fils et élève d'Abraham, alla en Italie et à Salzbourg, grava et peignit surtout des paysages italianisants : Paysage avec ruines (musée d'Utrecht), Paysage à la rivière (id.), Paysage italien (Rotterdam, B. V. B.), Paysages (musées de Mirande, d'Orléans et de Périgueux).

Frederick (Utrecht v. 1610 – id. [ ?] 1669) , fils et élève d'Abraham, fut inscrit en 1626 à la gilde d'Utrecht et grava des paysages dérivés de l'art de son père.