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Jean Bellegambe

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre flamand (Douai v.  1470  – id. [ ?] 1534/1540).

Désigné par la tradition locale sous le nom de Maître des Couleurs, loué déjà au xvie s. par l'historien Guichardin (1483-1540) et par Vasari (son portrait figure dans le Recueil d'Arras), il était complètement tombé dans l'oubli lorsqu'il en fut tiré avec éclat en 1862 grâce à l'historien A. Wauters, qui trouva un document de 1601 désignant par son nom l'auteur du fameux polyptyque d'Anchin (musée de Douai), la plus vaste et la plus significative production de l'artiste. Sa vie reste mal connue, hormis quelques mentions dans les archives douaisiennes, la première en 1504. Très apprécié, il rayonne sur toute la région : Arras, Cambrai et les fastueuses abbayes voisines de Douai (Flines, Anchin, Marchiennes), qui sont sans doute à l'origine de la profonde science théologique — dont témoignent notamment de très nombreuses inscriptions scripturaires — et de la complexité iconographique de ses retables. L'artiste n'est pas moins malaisé à connaître que l'homme. Sa formation reste inconnue, comme ses œuvres de jeunesse, et l'hypothèse généralement retenue est celle d'un apprentissage à Valenciennes dans l'entourage de Simon Marmion et de Jan Provost. Il se montre à la fois proche de l'Anversois Metsys et du milieu brugeois (Gérard David) par sa technique légère et son coloris séduisant, voisin des maniéristes anversois et bruxellois par le goût des architectures Renaissance surchargées, l'agitation des personnages (surtout dans les petites figures massées à l'arrière-plan de ses tableaux). Bellegambe représente un milieu particulier : les Pays-Bas d'expression française (au xvie s., Douai, en Flandre wallonne, n'appartient pas encore au roi de France) ; il peint déjà avec une sorte d'esprit français, apaisant et clarifiant les hardiesses qu'il retient du style flamand, organisant ses compositions selon une souple symétrie, comme dans l'Adoration des bergers (1528, cathédrale d'Arras), et donnant ainsi à son maniérisme gothique tardif une nuance de sagesse archaïque et traditionaliste, non dépourvue de charme. Les putti et angelots, pleins de vie et de naturel, qui contrastent avec la raideur des adultes, constituent l'un de ses motifs préférés. La majorité des œuvres de Bellegambe sont conservées en France : cathédrale d'Arras, Louvre, musées de Lille (Bain mystique), de Douai (Polyptyque d'Anchin), de Chaalis, d'Alès et d'Angers. Mais celles de l'Ermitage, du Metropolitan Museum, du musée de Varsovie et de Berlin comptent aussi parmi ses créations les plus remarquables.