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Robert Barry

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Artiste américain (New York 1936).

Appartenant à la première génération des artistes conceptuels, Barry, après des études au Hunter College de New York, particulièrement auprès de Robert Motherwell, porte un intérêt notable aux idées d'un artiste comme Ad Reinhardt, qui lui semblent devoir déboucher, hors du formalisme visuel, sur une nouvelle conception des rapports entre œuvre et langage. Ce passage d'une peinture systématique à une intégration de l'œuvre dans l'espace, s'éloignant progressivement des composants visuels, se concrétise, en 1968, dans des expositions au Bradford College de Bradford (Massachusetts) et au Windham College de Putney (Vermont), dans lesquelles Robert Barry relie des bâtiments et des espaces avec des fils de Nylon, virtuellement invisibles.

Au cours des années suivantes, Barry se concentre sur l'expression du monde invisible de la matière, supprimant totalement l'élément visible au profit d'un intérêt pour les modes de perception conceptuels, ainsi dans les Carrier Waves (Ondes de fréquence, 1968) ou les Inert Gaz (Gaz inertes, 1969). Les recherches sur ces principes de communication, de connaissance, intégrant la dimension psychique de l'art, se développent dans des séries d'œuvres telles que les Presentation Pieces, les Invitation Pieces, les Closed Gallery Pieces et les Marcuse Pieces, consistant en l'envoi de cartons annonçant la clôture de la galerie durant l'exposition ou la présentation dans celle-ci d'œuvres d'autres artistes ou de critiques (ainsi Lucy Lippard à la galerie Yvon Lambert, Paris, 1971).

Dans les années 70, Barry utilise, autour de l'usage du langage et de listes de mots, des formes d'expression variées : livres, projections de diapositives (Remember, 1973, Bâle, M. A. C.), films, enregistrements. À partir de 1977, l'artiste revient à l'usage de la peinture en inscrivant des mots sur des tableaux ou des murs monochromes : mots sur des murs blancs, écrits sur la périphérie, images d'arbres tracés de manière plus ou moins visible sur le fond, séries de mots en forme circulaire (Radiation) ou en rayon à partir d'un centre, sur des fonds monochromes (roses, noirs) ou bicolores (le Consortium, Dijon, 1986). Présent dans de nombreuses collections (Eindhoven, Van Abbe Museum ; Paris, M. N. A. M. ; Lyon, musée Saint-Pierre A. C.), son œuvre a fait régulièrement l'objet d'expositions aux États-Unis et en Europe dans les galeries Art and Project à Amsterdam, Leo Castelli à New York, Yvon Lambert à Paris ainsi qu'au Stedelijk Museum d'Amsterdam (1974) et au Gemeentemuseum de La Haye (1989).