En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Johannes Baader

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre allemand (Stuttgart 1875 ou 1876  – Bavière 1955).

Après des études d'architecture à Dresde, il travaille à Hambourg dans le cabinet de Raoul Hagenbeck, où il réalise les plans pour le premier jardin zoologique sans grilles à Stellingen qui devait connaître un succès mondial.

S'il n'a pas participé aux premières manifestations Dada à Berlin, Baader incarne l'un des aspects les plus extravagants et les plus authentiques de cet état d'esprit. Il met la poésie en acte par la protestation et la révolte, apportant une ambiguïté supplémentaire riche de sens à l'élan libertaire du dadaïsme berlinois. Au cours des années 1918-1919, il prend une part importante aux manifestations dada organisées collectivement ou avec la seule collaboration de Raoul Hausmann.

Alors que certains ne voient en Baader qu'un déséquilibré se livrant à mille facéties, celui-ci s'enthousiasme pour la technique du photomontage élaborée par Hausmann et Hannah Höch. Ses photomontages sont réalisés à partir d'affiches qu'il décolle des murs (Rasse das Futur, 1919-1920). Il exécute un Manuel de Surdadaïsme HADO (Handbuch des Oberdadaismus) sur un fond constitué à partir de centaines de quotidiens. Tous les jours, il colle des documents nouveaux, des taches colorées, des lettres, des chiffres, créant ainsi une sorte de collage-poésie. Le premier manuel était achevé en juin 1919, le second en juin 1920 (aujourd'hui détruits).

En 1920, lors de la première Foire internationale Dada (Erste Internationale Dada Messe), il présente le projet d'un monument dédié à l'humanité : Grand Plasto-Dio-Dada Drama, qui se présente sous la forme d'une architecture dadaïste sur cinq étages avec trois ensembles, un tunnel, deux ascenseurs et des jardins suspendus. Une architecture démesurée qui devait symboliser la grandeur et la chute de l'Allemagne. Si le projet avait été réalisé, il aurait sans doute rappelé le Merzbau de Schwitters. Interné dans les années 1920, il tomba dans l'oubli et mourut isolé dans un asile de vieillards en Bavière.