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Art déco

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

À l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, à Paris en 1925, la peinture intervient en tant que " décor " des ensembles mobiliers plutôt que pour ses qualités propres. Les peintres choisis par les responsables des pavillons sont assez représentatifs de ce que l'on appellera bientôt l'" Art déco ", en souvenir de la grande manifestation de 1925.

Certains échappent à cette règle ; ils sont peu nombreux. Deux d'entre eux, Fernand Léger et Robert Delaunay, voient leurs œuvres exclues du hall d'entrée d'une ambassade française dessiné par Robert Mallet-Stevens à la demande du directeur des Beaux-Arts, P. Léon. Le scandale qui s'ensuit a raison de l'hostilité de M. Léon. Le pavillon de " l'Esprit nouveau ", présenté par Amédée Ozenfant et Le Corbusier, abrite pour sa part des toiles des deux artistes et de celui qui représente le mouvement moderne, Fernand Léger.

En dehors de ces hommes de réputation internationale, appartenant aux grands courants qui remettent en cause la vision du monde et sa transposition picturale, les peintres qui prêtent leur concours à la décoration murale et aux ensembles de l'exposition se partagent entre deux tendances : les traditionalistes, qui rejettent l'hermétisme du Cubisme au profit d'un art figuratif, et ceux qui en retiennent la déformation géométrique.

Au premier groupe appartiennent Charles Dufresne, Jean-Louis Boussingault, Luc-Albert Moreau, André Dunoyer de Segonzac. Unis par des liens d'amitié, ils appartiennent à la Compagnie des arts français, fondée en 1919 par Louis Süe et André Mare, qui regroupe des artistes de toutes disciplines dans le but de répondre le plus largement possible à la demande de la clientèle. Parmi eux, il faut citer également Paul Véra, qui se spécialise dans la peinture décorative, et Bernard Boutet de Monvel. C'est un portraitiste très fin, un remarquable dessinateur et graveur. Vers 1928, il effectue un voyage à New York, dont il rapporte une vision " oblique " très personnelle. Il faut enfin ne pas oublier Gustave-Louis Jaulmes, spécialisé dans les grandes compositions décoratives et les cartons de tapisserie.

Parmi les traditionalistes, Jean Dupas, élève d'Albert Besnard, participe largement à l'exposition de 1925 : dans l'hôtel du Collectionneur du groupe Ruhlmann, avec un grand panneau intitulé les Perruches ; dans la tour de Bordeaux, sa ville natale, avec des panneaux sur le vin. Des allégories sur le commerce maritime dans les différents continents, signées Jean-Gabriel Domergue, un autre Bordelais, complètent la décoration de la tour.

Parmi les peintres ralliés au mouvement cubiste, deux méritent une place à part : A. Mare, ami de Léger, qui s'apparente à Roger de La Fresnaye, et L. Voguet, qui réalise le revers du grand panneau de la porte d'Orsay à l'exposition de 1925, sur le thème de l'Art décoratif.