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Carmelo Arden Quin

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre uruguayen (Riviera 1913 – Savigny-sur-Orge 2010).

Dès ses débuts, l'activité de Carmelo Arden Quin manifeste le foisonnement intellectuel et artistique de l'Amérique latine à partir des années 1940, unissant dans des projets communs aussi bien des artistes que des poètes ou des écrivains. Il rencontre en 1935 à Montevideo son compatriote Torrès-Garcia ; sa peinture passe alors du cubisme, appris au Brésil, à l'abstraction. Avec sa participation, il crée en 1941, au Paraguay, la revue d'avant-garde Arturo, où se manifestent également Vicente Huidobro, Rod Rothfuss, Augusto Torres et, en 1942, Arpad Szenes, Vieira da Silva, Edgar Bailey. En 1943, il crée un groupe du même nom à Buenos Aires, où l'on trouve le nom de Gyula Kosice. En 1945, il fonde le groupe Art concret-Invention, qui s'inspire de Mondrian, de Moholy-Nagy et des constructivistes russes ; il est suivi, en 1946, d'un groupe : Madi (" matérialisme dialectique "), qui est exporté en France, à partir de 1948, lorsqu'il s'installe à Paris. À travers une théorie fortement teintée de marxisme, ses manifestes contiennent des idées fondamentales sur les questions de la participation du spectateur et du mouvement comme composantes de l'œuvre d'art, abondamment reprises dans les années 1950 par les artistes du Cinétisme. Pour ses propres œuvres, il refuse généralement le cadre rectangulaire de la peinture traditionnelle (la " fenêtre " de la Renaissance) et dispose des formes géométriques, symétriques ou non, sur des supports polygonaux irréguliers (les " formes-tableaux ", anticipant sur le shaped-canvas du minimalisme américain). Il réalise également des reliefs comportant des éléments mobiles (les " coplanals "), des découpages ; en 1953, la salle Madi du Salon des réalités nouvelles montrait ses tableaux " optique-vibration " et des sculptures mobiles à moteur. De 1962 à 1966, il fonde et anime la revue Ailleurs ; il est également auteur de poèmes et de romans et a poursuivi son travail dans la même optique marquée par la géométrie (Domaine III, 1994). En 1985, il a une exposition à São Paulo au Museo d'Arte Contemporaneo. L'artiste est représenté dans de nombreuses collections privées et publiques, en particulier au M. N. A. M. de Paris et au musée de Grenoble.