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Antonio di Benedetto Aquilio degli Aquili, dit Antoniazzo Romano

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (actif de 1460 à 1510 à Rome et dans le Latium).

S'il fut influencé à ses débuts par Fra Angelico, Benozzo Gozzoli et surtout Piero della Francesca (1464, Retable du Museo Civico de Rieti), Antoniazzo est surtout connu comme le principal élève de Melozzo da Forlí. Des premières années du séjour romain datent le triptyque de l'église S. Francesco de Subiaco (1467) et les fresques du monastère de Tor de' Specchi à Rome. En 1469, l'artiste peint pour le couvent des Augustiniens, au champ de Mars, les armes du cardinal de Rohan, dessinées par Rossellino. La période la mieux connue de son œuvre se situe entre 1480 et 1490 ; fixé à Rome, l'artiste travaille beaucoup au Vatican aux côtés de Melozzo da Forlí. Sans doute est-ce à cette période, et pas plus tôt, qu'Antoniazzo subit de façon profonde l'ascendant de Melozzo, particulièrement sensible dans les peintures de la modeste Camera di Santa Caterina (1482, S. Maria sopra Minerva, où se trouve aussi l'Annonciation Torquemada), ou dans l'imposante Sainte Anne, la Vierge et l'Enfant Jésus (coll. part.), peinte sur fond d'or, ainsi que dans les très belles peintures de S. Giovanni Evangelista de Tivoli. Mais Antoniazzo a sa personnalité propre. Son art est profondément enraciné dans la tradition médiévale : on lui attribue l'interprétation de la Navicella de Giotto (Avignon, Petit Palais). En 1480-1482, Pérugin travaille à la chapelle Sixtine. Cette rencontre, comme celle, en 1474, de Ghirlandaio, présent à la bibl. Vaticane, devait enrichir l'art d'Antoniazzo d'accents ombriens déjà perceptibles dans des œuvres antérieures : Madones (Avignon, Petit Palais ; musée de Detroit ; musée de Houston ; Pérouse, G. N.), Triptyque Caetani (Fondi, S. Pietro). Les œuvres les plus personnelles se situent entre 1480 et 1485 : Crucifixion avec saint François de Lewisburg (Burcknell University), définie par R. Longhi comme " à mi-chemin " entre les Florentins et Melozzo ; Nativité (Rome, G. N., Gal. Barberini), autrefois donnée à Domenico Ghirlandaio ; Madone de Velletri (Museo Capitulare) ; Trois Saints (Montefalco, S. Francesco), œuvre d'une très belle inspiration.

Dans les années 1485-1490, l'attirance pour la grâce ombrienne l'emporte sur la rigueur et les recherches spatiales des œuvres déjà citées. L'art d'Antoniazzo tend à devenir plus conventionnel, avec des schémas de composition plus stéréotypés ou plus confus : Triptyque de la Sainte Face (Prado), qui provient selon toute vraisemblance de S. Giacomo degli Spagnoli de Rome, Madone du tribunal de la Sacra Rota (Vatican, pin.) et plusieurs Madones et saints (Rome, G. N., Gal. Barberini et Saint-Paul-hors-les-Murs ; Capoue, cathédrale). La dernière œuvre datée est la " pala " de S. Maria del Prato à Campagnano (1497), dont on ne conserve que le fragment du Museo Civico de Viterbe.

À travers cette production très abondante, Antoniazzo apparaît comme la personnalité la plus importante du xve s. à Rome. Il fut un véritable chef d'école et eut d'innombrables imitateurs, dont les œuvres sont globalement classées sous son nom. Son fils Marcantonio, dont l'activité est documentée entre 1505 et 1521 à Rieti, est l'auteur d'un triptyque peint pour le réfectoire de S. Chiara (1511, Rieti, Museo Civico) et d'œuvres auparavant attribuées à Antoniazzo.