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le Triptyque de Dantzig

Peinture de Hans Memling (1466-1473). Musée de Gdansk, Pologne.

Le Triptyque de Dantzig est une des œuvres les plus célèbres de Memling. Il est composé de trois volets, organisés en cinq panneaux. Le Jugement dernier est entouré par la Porte de l'Enfer et la Porte du Paradis. Au revers des volets sont représentés les donateurs, avec les statues de la Vierge et de saint Michel. Destiné à une église de Florence, ce triptyque fut commandé par Tommaso Portinari, agent des Médicis à Bruges. Mais le bateau qui emportait l'œuvre vers l'Italie fut attaqué par des corsaires de Dantzig (aujourd'hui Gdańsk) et le triptyque fut offert par l'un d'entre eux à la cathédrale de leur ville. Exposé à Paris sous l'Empire, il fut l'objet d'une admiration populaire fort méprisée par Stendhal qui écrivait en 1814 : « Allez au musée un dimanche, vous trouverez, à un certain point de la galerie, le passage intercepté par la foule rassemblée devant un tableau, et tous les dimanches devant le même. Vous croyez que c'est un chef-d'œuvre ? Pas du tout : c'est une croûte de l'école allemande, représentant le Jugement dernier. Le peuple aime à voir la grimace des damnés. » L'œuvre fut restituée en 1816. Quant à la grimace, si elle est expressive, elle n'est pas appuyée : le damné n'est ni laid ni ridicule ; il est profondément humain.

Considéré comme une œuvre « archaïque », le Triptyque de Dantzig témoigne visiblement d'influences et même de dettes avouées à quelques artistes précurseurs : Lochner pour le volet gauche, la Porte du Paradis, encore très inspiré du style gothique pour ce qui est de ses anges musiciens ; Van der Weyden, pour le Jugement dernier, notamment pour la figure du Christ Juge assis sur un arc-en-ciel. Le thème du Jugement dernier, fort traditionnel, est traité ici dans un format qui l'est moins : 2,20 m. Nous sommes très loin de la miniature de la Châsse de sainte Ursule. L'œuvre, par-delà des influences d'ailleurs bien circonscrites, est l'expression d'un langage très personnel qui se manifeste avec une aisance si naturelle qu'elle se fait oublier : le monumental se marie sans effort au décoratif, le détail à l'ampleur des formes. Le nu – dont Bethsabée sortant du bain offrira un spécimen unique pour l'époque aux Pays-Bas – est traité par Memling avec justesse et audace. L'horizon clair, l'équilibre des masses confèrent à la composition une sorte de sérénité, d'humanité propres à Memling.