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Traité de l'esthétique

Friedrich Hegel
Friedrich Hegel

Traité philosophique de Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1835).

Cet ouvrage, intitulé aussi Leçons sur l'esthétique, rassemble des cours donnés à Berlin entre 1818 et 1829. Il constitue l'aboutissement de la réflexion du philosophe sur les rapports de l'art et de la philosophie.

L'art et la philosophie

Dans sa jeunesse, notamment à l'époque où il créait avec Shelling, le Journal critique de la philosophie, Hegel concevait l'art et la philosophie comme deux modes de présentation, dans des formes différentes d'une même idée. Comme la philosophie se donne pour tâche de découvrir la raison unique qui gît au cœur des pensées exprimées dans des systèmes divers, la critique d'art dévoile l'idée cachée dans la forme sensible de l'œuvre. Par la suite, Hegel fera de la philosophie un moment plus avancé que l'art sur la voie du progrès de l'esprit. Alors que le spectateur ou le juge d'une sculpture, d'un tableau ou d'une sonate s'efforce toujours de saisir l'intelligible derrière le modelé, les couleurs, les sons, le philosophe a le privilège d'unir dans un même acte l'idée et son expression. En revanche, la vérité de la philosophie et celle de l'art se rejoignent dans une même projection historique : il y a une histoire de l'art, comme il y a une progression de la vérité à travers l'aventure de l'esprit humain.

L'art, pour Hegel, a toujours pour objet la présentation de la vérité, et cette présentation, à l'aide d'œuvres conscientes et construites, dépasse de beaucoup dans sa réalité esthétique le niveau de vérité enserrée dans les phénomènes de la réalité quotidienne. L'art se déploie cependant selon une double hiérarchie : temporelle (selon les trois moments : symbolique, classique et romantique) et spatiale (l'art s'étageant en pyramide, de bas en haut, de l'architecture à la sculpture, puis à la peinture, à la musique et à la poésie).

Mais le destin ultime de l'art, auquel le pousse logiquement sa représentation de plus en plus efficace de la vérité, est de se dissoudre dans une forme plus haute de saisie de l'idée, c'est-à-dire moins liée au monde sensible. L'avenir de l'art est donc conçu par Hegel comme un « progrès vers la religion », dernière étape avant l'approche authentique de l'idée, qui ne peut résider que dans la philosophie.

L'Esthétique exerça une profonde influence, notamment par l'analyse qu'elle fait de la poésie, jusque sur les surréalistes.