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la Princesse de Clèves

Comtesse de La Fayette
Comtesse de La Fayette

Roman de Mme de La Fayette (1678).

Unie sans amour au prince de Clèves, la princesse s'éprend du duc de Nemours. Elle s'en ouvre à son mari et lui demande protection contre elle-même. Sur d'injustes soupçons, celui-ci meurt de jalousie après avoir reconnu l'innocence de sa femme. Devenue veuve, celle-ci refuse d'épouser Nemours et finit ses jours dans un cloître. Cette œuvre de Mme de La Fayette a inauguré l'ère du roman psychologique moderne.

Une nouvelle vue de la passion

L'intérêt très neuf donné au contexte politique, s'il inscrit le roman dans une durée historique précise, n'affaiblit pas l'intensité intérieure des personnages : la vérité du cadre participe de celle du sentiment. Tout concourt à la profondeur du drame : les retraites à Coulommiers, qui mesurent les étapes et permettent les examens psychologiques ; le refus de l'amour à mesure de son accroissement (qui marque le double crescendo, quasi tragique, de l'œuvre, par un mécanisme de refus et d'acceptation, de maîtrise de soi et d'abandon) ou le thème duel de l'aveu (qui libère la conscience et précipite le drame). Présent, on fuit Nemours, et absent, on le cherche. Clèves, gentilhomme exquis, meurt au bord du délire (« Je vous demande pardon »). Quant à la princesse devenue libre, elle refuse d'épouser Nemours et finit ses jours dans un cloître : triple héroïne de l'amour, de la vertu et des convenances.

L'ouvrage, qui bénéficia d'un intérêt circonstanciel pour l'époque des Valois (de l'Histoire des guerres civiles en France, 1657, de Jean Baudoin, à l'Histoire de la maison royale de France, 1674, du P. Anselme), apparut cependant bien autre chose qu'« une parfaite imitation du monde de la cour et de la manière dont on y vit », selon l'expression même de Mme de La Fayette. Le livre déchaîna les passions (« On est partagé sur ce livre-là, à se manger », écrivait encore Mme de La Fayette, un mois après sa parution) – c'est que la vue qu'il donnait de la passion anticipait singulièrement sur son temps (Stendhal la comprit mieux que le P. Bouhours). Amour, deuil, jalousie : la Princesse de Clèves est plus proche d'À la recherche du temps perdu que de l'Astrée.