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les Plaisirs et les Jours

Marcel Proust
Marcel Proust

Nouvelles de Marcel Proust (1896).

Le titre de ce livre, le premier publié par Marcel Proust, évoque les Travaux et les Jours d'Hésiode. Mais, comme le fait remarquer Anatole France dans sa préface, qui donne le ton de l'ouvrage : « Il est plus mélancolique de dire à nos mondains et à nos mondaines les Plaisirs et les Jours ». Il est vrai que, placé sous le signe de la névrose, de l'art, du souvenir, de la mort, les Plaisirs et les Jours témoigne d'une certaine esthétique littéraire, le symbolisme, avec ces joliesses : sourires las, délicieuses oisivetés, impressions charmantes, drames de l'amour, délectations du regret, simulacres de vie.

La diversité des formes choisies – ces textes ont pour la plupart déjà été publiés en revue – fait penser à des exercices d'école : croquis, confessions fictives, poésies (« Portraits de peintres et de musiciens »), poèmes en prose à la manière de Baudelaire, jusqu'à une suite de Bouvard et Pécuchet. Quant aux nouvelles, elles abordent déjà les grands thèmes proustiens : méditation sur la mémoire et réminiscences, vanités du monde, douleurs de l'art, satire sociale, puissance de l'amour (« Mélancolique villégiature de Madame de Breyves », « Confession d'une jeune fille ») ou raffinements de l'amour-souffrance (« Violante ou la mondanité », « Un dîner en ville »), perte de l'innocence enfantine, dessèchement du cœur humain, climat crépusculaire, mort-délivrance (« la Mort de Baldassare Silvando, vicomte de Sylvanie », « la Fin de la jalousie »). L'autobiographie affleure, mais d'une manière transposée.

Malgré leur aspect fragmentaire, inabouti en regard de l'œuvre à venir, malgré l'académisme, l'imperfection de la forme et leur grâce surranée, ces nouvelles sont autant de clés qui ouvrent les portes de l'univers de Proust.