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Par-delà le bien et le mal

Friedrich Nietzsche
Friedrich Nietzsche

Ouvrage philosophique de Friedrich Nietzsche (1886).

Dans cet ouvrage, qui se présente comme une synthèse des idées de Nietzsche, le monde n'est jugé ni bon ni mauvais : il est un grand tout indifférent, aveugle, un faisceau d'énergie pure, libre de toute loi. Ce gai savoir ne permet plus de chercher les fondements de la morale, mais la démasque comme « langage figuré des passions » du moraliste. Il faut donc juger le moraliste lui-même plutôt que de se laisser juger par la morale dont il est l'auteur.

La morale des maîtres et celle des esclaves

Nietzsche affirme alors – en se référant uniquement à ses propres passions – qu'il y a deux grands types de morales : celle des maîtres, issue d'une race barbare dominante, enivrée du plaisir de sa maîtrise sur la race dominée, qui lui renvoie l'image de sa supériorité ; et celle des esclaves, qui n'ont d'autre but que d'humilier toutes les valeurs aristocratiques (morale égalitaire), d'alléger le poids de l'existence (morale utilitaire), d'annoncer une libération future (morale du progrès), de se préserver d'une vie trop dure (morale de la liberté), alors que la morale des maîtres est une morale du dévouement.

Le type le plus achevé de la morale des esclaves est bien le christianisme, qui, en opposant à tous les instincts de puissance l'affirmation de l'égalité devant Dieu, a avili l'Europe, protégé en elle tout ce qu'il y avait de malade et de faible. Nietzsche reconnaît toutefois quelques vertus au christianisme : l'amour de Dieu lui semble ainsi supérieur au lâche humanitarisme moderne ; la religion conserve, pour le peuple, une efficacité éducatrice et sélective, car, loin de vouloir supprimer toute règle et toute contrainte, c'est toujours au profit d'un idéal plus difficile et plus rigoureux que Nietzsche attaque les vertus communes : « Je n'admets pas que l'homme exceptionnel fasse la guerre à la règle, au lieu de comprendre que c'est le maintien de la règle qui conditionne l'exception. »

La démocratie

La démocratie, qui est l'héritage direct de la morale chrétienne, va instituer le règne d'une humanité universellement et identiquement médiocre. Nietzsche prophétise donc l'abaissement croissant et le nivellement de l'immense majorité : dans ce cataclysme, il voit le meilleur terrain pour la venue et la croissance d'êtres exceptionnels. Des hommes libres vont naître au milieu de cette servitude, capables du consentement suprême à l'irrationalité absolue de la vie, au rythme invincible de l'éternel retour.