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Offrande musicale BWV 1079

Musique de chambre de Jean-Sébastien Bach (1747).

Moins productives que les précédentes en matière de création d'œuvres instrumentales, les dernières années de la vie de Bach à Leipzig virent néanmoins naître de somptueux monuments, particulièrement dans le domaine de la variation contrapuntique, qu'il devait porter à un degré de perfection formelle inégalable, avec, entre autres, les Variations Goldberg, les variations canoniques sur le choral Vom Himmel hoch da komm'ich her, l'Offrande musicale et l'Art de la fugue, ces deux derniers recueils marquant l'aboutissement des recherches contrapuntiques du compositeur.

Sur un motif royal

Entièrement édifiée sur une série de variations canoniques autour d'un thème unique, l'idée de l'Offrande musicale vint à Bach sur une proposition du roi Frédéric II de Prusse, qui l'avait accueilli avec son fils aîné, Wilhelm Friedemann, au printemps de 1747. Après que Jean-Sébastien Bach eut improvisé sur divers instruments à clavier, notamment des piano-forte construits par le facteur Silbermann, le roi lui proposa un thème de son cru sur lequel il lui demanda d'improviser une fugue à trois voix, ce qu'il fit, puis à six voix, ce qu'il refusa, prétextant que le thème ne s'y prêtait pas, mais il inventa une fugue à six voix sur un autre sujet. De retour à Leipzig, Bach se mit à composer un cycle de variations sur le thème royal, une fugue à trois voix dénommée Ricercar, six canons et une fugue canonique, une sonate en trio, une fugue à six voix également intitulée Ricercar accompagnée de deux canons. Il fit publier l'ensemble à ses frais avant de l'envoyer à Frédéric II, accompagné d'une dédicace datée du 7 juillet 1747. Le tout était précédé d'un acrostiche en latin sur le mot Ricercar : « Regis jussu cantio et reliqua canonicae arte resoluta » (Sur ordre du roi l'air et le reste sont traités selon l'art du canon) – les deux Ricercari de l'Offrande musicale sont généralement joués au clavecin. Rien dans l'édition n'indique en revanche l'ordre des morceaux, ni même l'instrumentation, à l'exception de celle de la sonate en trio et du Canon perpetuus, tous deux écrits pour flûte, violon, et continuo.

Une œuvre d'humour et de courtisan

Les canons et la Fuga canonica in Epidiamante sont des pièces brèves qui reprennent le thème royal comme cantus firmus ou comme sujet de la structure canonique. Bach conçoit ces canons « énigmatiques » comme de véritables rébus musicaux, pour lesquels il ne suggère que quelques pistes susceptibles de guider le royal dédicataire, le tout accompagné d'annotations spirituelles telles que Quaerendo invenietis (Cherchez et vous trouverez), ou les vœux Notulis crescentibus crestat fortuna regis (Qu'avec les notes qui augmentent s'accroisse la fortune du roi). Les quatre mouvements de la Sonata sopr'il soggeto Reale a traversa, violino e continuo (Sonate sur le sujet royal pour flûte traversière, violon et continuo), dite sonate en trio, s'intercalent habituellement entre les deux canons perpétuels.