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le Mariage de la Vierge

Raphaël, le Mariage de la Vierge
Raphaël, le Mariage de la Vierge

Tableau de Raphaël (signé et daté de 1504). Pinacothèque de Brera, Milan.

Ce panneau est une des œuvres charnières dans la carrière de Raphaël. Il s'agit d'une commande de la famille Albizzini pour la chapelle San Giuseppe de l'église San Francesco, à Città di Castello. D'une part, le jeune maître y fait référence à deux créations du Pérugin, la Remise des clés à saint Pierre (1482), une fresque pour la chapelle Sixtine, et surtout le Mariage de la Vierge (vers 1503-1504). La composition générale de Raphaël s'inspire directement de cette dernière œuvre, et les visages y ont encore une suavité toute péruginesque. D'autre part, Raphaël innove et se détache d'une conception spatiale héritée du Quattrocento. Ainsi, l'édifice en rotonde – une évocation du Temple de Jérusalem –, qui n'est pas sans rapport avec les réalisations architecturales de Bramante, n'écrase pas le groupe de personnages ; il renforce, au contraire, l'impression d'un espace ouvert et libre. Les protagonistes, au lieu d'être agencés – comme c'est le cas chez le Pérugin – à travers un jeu de parallèles qui, superposées, contribuent à créer la profondeur, forment ici une sorte d'arabesque discrète qui répond à l'espace à plan central engendré par le bâtiment lui-même. De même, les rythmes subtils qui animent les personnages diffèrent des solutions stéréotypées choisies par le Pérugin, et préparent le classicisme dynamique et inventif que va expérimenter Raphaël, d'abord à Florence, puis à Rome.

Quant au sujet, il est lié à un événement de la vie de la Vierge Marie, la future mère de Jésus, qui épouse Joseph. L'union est bénie par le grand prêtre. Le bâton terminé par une fleur et porté par Joseph est une allusion explicite à des textes apocryphes qui complètent de manière légendaire les récits strictement évangéliques, le Protévangile de Jacques et l'Histoire de Joseph le Charpentier : plusieurs prétendants souhaitaient épouser Marie ; celui dont le bâton fleurirait serait alors celui désigné par Dieu. Seul le bâton de Joseph témoigne miraculeusement d'un tel choix. À droite, l'un des prétendants malheureux brise contre son genou son bâton demeuré stérile.