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Madrigali guerrieri e amorosi

Claudio Monteverdi
Claudio Monteverdi

Recueil de madrigaux de Claudio Monteverdi (1638).

Publié à Venise en 1638, l'ouvrage inclut une préface dans laquelle Monteverdi révèle sa doctrine : l'imitation des sentiments humains (affetti) est la justification même de sa musique. Divisé en deux parties, canti guerrieri et canti amorosi, ce recueil contient aussi plusieurs pièces antérieures et se présente donc comme une sorte de synthèse des acquis montéverdiens.

Au xvie s., le madrigal italien était une composition polyphonique pour cinq voix a cappella. D'une grande diversité formelle, ceux de Monteverdi sont peu à peu devenus d'authentiques actions théâtrales, repoussant par là même les limites du genre. S'il subsiste encore, dans ce Huitième Livre, deux madrigaux à cinq voix – Dolcissimo uscignolo (« Très doux rossignol ») et Chi vuol aver felice e lieto il core (« Qui veut avoir le cœur heureux et gai ») –, ils se présentent comme de véritables petites cantates scéniques.

L'écriture pour orchestre, chœur à six voix et solistes d'Altri canti d'amor (« Autres chants d'amour ») permet d'obtenir les plus brillants effets. La puissance d'Hor ch'el ciel e la terra (« Maintenant que le ciel et la terre ») et de sa seconde partie, Cosi sol d'una chiara fonte viva (« Ainsi d'une source claire et vive »), sur un sonnet de Pétrarque, repose sur l'exploitation des trois sentiments montéverdiens : le calme, la douleur et l'intensité émotionnelle. La déclamation rapide des deux ténors, les commentaires du chœur et de l'orchestre traduisent les tourments amoureux du poète, tandis que la sérénité de la nuit s'exhale en de sombres accords. Dans le madrigal guerrier Armato il cor (« Le cœur armé »), Monteverdi réutilise le martèlement rythmique sur une même note et les motifs brefs, hachés, du stile concitato qui avaient fait du Combat de Tancrède et Clorinde un archétype du genre.

Les madrigaux amoureux qui constituent la seconde partie du recueil offrent la même variété. Il ballo delle ingrate (« Le ballet des ingrates »), dont la version scénique fut donnée en 1608 à la cour de Mantoue, termine le Huitième Livre, preuve que Monteverdi ne renie pas cette œuvre écrite trente ans plus tôt, alors qu'il expérimentait les possibilités expressives du récit monodique, recherchant déjà avec ferveur un langage musical qui rendît sensibles les passions humaines.