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code de Hammourabi

Texte juridique babylonien gravé sur une stèle de basalte noir et rédigé en écriture cunéiforme et en langue akkadienne.

1. La stèle

Découverte à Suse en 1901 au cours de fouilles françaises, la stèle en forme de cône irrégulier de 2,25 m de hauteur, 70 cm de largeur et 47 cm d'épaisseur, est déposée au Louvre. Au sommet, un relief représente Hammourabi adorant Shamash, dieu-soleil et maître de la Justice.

2. Un « code » hétéroclite

Si le prologue et l'épilogue, qui exaltent la sollicitude du roi pour ses peuples, sont rédigés dans une langue archaïsante, les 282 articles subsistants (environ 35 ont disparu) sont écrits dans un langage clair qui n'utilise pas les termes spécialisés du droit. Loin de constituer un texte logiquement ordonné, comme un code au sens moderne du terme, le code de Hammourabi se présente comme un recueil de sentences diverses, une sorte de catalogue que son auteur entend léguer à ses successeurs.

Groupés autour de grand thèmes disposés dans un ordre déconcertant mais procédant par association d'idées – vol, travail, commerce, mariage, divorce, atteintes physiques à la personne, taux des salaires, achat d'esclaves, etc. – les articles constituent une série d'amendements au droit coutumier de Babylone, inspiré de sentences retenues par la jurisprudence. Tous les articles sont formulés sur le même modèle grammatical : telle action entraîne telle conséquence.

3. Une certaine idée de la justice

Le code distingue dans la population trois catégories sociales : l'awiloum (« homme » par excellence, le notable), le moushkenoum (l'homme du commun), le wardoum (l'esclave). Les différences entre ces trois catégories apparaissent clairement dans les dispositions pénales du code. Ainsi, en cas de lésion corporelle, la violence est plus sévèrement punie si elle a atteint un awiloum : la peine est proportionnelle au crime mais aussi au rang de la victime.

Les lois concernant la famille témoignent cependant d'une volonté de protéger la femme et l'enfant contre l'abandon, la pauvreté et la violence. Le droit mésopotamien reconnaît les circonstances atténuantes même si la lourdeur extraordinaire des peines pécuniaires et corporelles invite à y voir des mesures de dissuasion.

Enfin, le code fixe un maximum pour un certain nombre de salaires et de services et pour l'intérêt du prêt (33 % pour le grain ; 20 % pour l'argent). Cette tarification et les articles qui prennent la défense du locataire de terre contre le propriétaire ou du débiteur contre le créancier montrent que Hammourabi se place dans la tradition du roi mésopotamien qui cherche à apaiser les tensions sociales et, en tout cas, à être regardé comme le défenseur du faible et de l'opprimé.

Quant aux ressemblances que l'on a voulu voir entre le code et les lois ultérieures (hittites, mosaïques), elles s'expliquent suffisamment par le fait que l'Orient tout entier puisait son droit dans des coutumes inspirées d'une mentalité commune.

Pour en savoir plus, voir les articles akkadien, Babylone, cunéiforme, Mésopotamie.

Consulter aussi le site du musée du Louvre http://musee.louvre.fr/oal/code/indexFR.html.