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le Grand Macabre

Opéra en quatre tableaux de György Ligeti, livret de Michael Meschke et György Ligeti, d'après  la Balade du Grand Macabre de Michel de Ghelderode (2 avril 1978, Opéra royal de Stockholm).

Ligeti envisage de composer un opéra dès 1965, après la création de son Requiem, et sur les conseils de la direction de l'Opéra de Stockholm. Ses travaux préparatoires aboutissent à un premier morceau intitulé « Kylwiria », qui prolonge ses Aventures et Nouvelles Aventures. Mais ce n'est qu'en 1973 que Michael Meschke rédige le livret en s'inspirant de l'œuvre de Ghelderode, la Balade du Grand Macabre (1934). L'année suivante, Ligeti commence à écrire la musique qu'il achève en avril 1976. Le spectacle, joué deux ans après, est très bien reçu par le public et repris dans d'autres théâtres européens. Vingt ans plus tard, Ligeti révise sa partition, la traduit de l'allemand en anglais et obtient, lors de la première représentation au festival de Salzbourg, le 28 juillet 1997, un accueil aussi enthousiaste qu'à ses débuts à Stockholm.

Tableau I

Au pays de Breughellande.

Piet chante les louanges de son pays natal, tandis qu'Amanda et Amando cherchent un lieu tranquille pour faire l'amour. Ils descendent dans un tombeau d'où sort une étrange créature : Nekrotzar, le Grand Macabre, ressuscite et annonce la fin du monde. Il engage Piet comme valet.

Tableau II

Dans la maison d'Astradamors, astrologue de la cour du prince Go-Go.

Alors que l'astrologue découvre une comète se précipitant vers la terre, sa femme Mescalina, nymphomane, le poursuit à coups de fouet. Elle s'endort et voit Vénus en songe. Elle demande à la déesse de lui envoyer un homme enfin capable de la satisfaire. Apparaît alors Nekrotzar suivi de Piet. Nekrotzar se jette sur Mescalina et la tue. La trompette annonçant la fin du monde résonne, tandis que Nekrotzar, Astradamors et Piet se dirigent vers le palais princier.

Tableau III

À la cour du prince Go-Go.

Le ministre Blanc et le ministre Noir s'injurient. Réconciliés par le prince, ils se retournent contre lui et cherchent à lui extorquer un décret promulguant une hausse des impôts lorsqu'ils sont interrompus par l'arrivée de Gepopo, chef de la police secrète, porteur d'un message codé incompréhensible. Une sirène annonce l'entrée de Nekrotzar à cheval sur Piet. Mais saoulé par l'astrologue, il est incapable, lorsque minuit sonne, de faire le geste qui aurait provoqué la fin du monde.

Tableau IV

À Breughellande.

Tous les personnages réapparaissent. Nekrotzar comprend qu'il a échoué. Mescalina sort d'une tombe ; elle tente de tuer le Grand Macabre mais celui-ci se dissout dans le néant. Amanda et Amando, ignorant ce à quoi ils viennent d'échapper, sortent du tombeau et vantent les plaisirs de l'amour.

Un opéra tragi-comique

Considéré comme la synthèse de toute l'œuvre de Ligeti, le Grand Macabre se rattache au passé par des citations parfaitement intégrées (extrait de la Symphonie n°3 de Beethoven), par le style (imitation du madrigal montéverdien), et au présent par son prélude pour 12 klaxons accordés. Le livret fourmille de jeux de mots sur les noms des personnages Nekrotzar et Astradamors, ainsi que de passages comiques, comme le duo entre les deux ministres qui s'insultent en suivant l'ordre alphabétique. Tous ces éléments donnent à cet opéra une dimension de farce qui s'oppose au sujet lui-même, lié dans l'esprit du compositeur au tableau le Triomphe de la mort de Pieter Bruegel l'Ancien, peintre dont le personnage de Piet tire le nom.