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les Diables de Loudun

Opéra en trois actes de Krzysztof Penderecki, livret de Krzysztof Penderecki, d'après  Aldous Huxley (20 juin 1969, Hambourg).

Le livret des Diables de Loudun est inspiré d'un épisode historique : en 1633, le curé Urbain Grandier fut accusé d'avoir ensorcelé les nonnes et la prieure Jeanne du couvent des Ursulines, situé à Loudun, dans la région de Poitiers. Torturé, Grandier reconnut qu'il avait séduit l'une des sœurs mais il nia avoir entretenu tout commerce avec le Diable. Grandier fut brûlé vif le 18 août 1634, laissant les nonnes aux mains des docteurs et des exorcistes.

Le compte rendu du procès, rédigé par François de Pitaval, devait inspirer au romancier anglais Aldous Huxley son ouvrage les Diables de Loudun (1952). Huit ans plus tard, John Whiting en tirait une pièce de théâtre qui, traduite en allemand par Erich Fried, servit de point de départ au livret du premier opéra de Krzysztof Penderecki.

Commandé par Rolf Liebermann, le spectacle, dont la première représentation eut lieu à Hambourg, obtint un accueil très favorable ; il fut rapidement repris en Europe et en Amérique.

Acte I

À Loudun, près de Poitiers, en 1634.

Les religieuses du couvent des Ursulines et leur mère supérieure, sur Jeanne des Anges, ont une vision au cours de laquelle Grandier, qui se présente sous les traits du Diable, cherche à les séduire. Sur Jeanne en fait part au père Mignon qui décide d'utiliser cet épisode contre Grandier.

Ce dernier, haï par toute la ville, a en effet été interrogé par l'envoyé du roi, Laubardemont et le gouverneur de Loudun, d'Armagnac, sur un projet de Richelieu prévoyant la démolition des fortifications de la ville. Urbain s'y oppose clairement devenant ainsi un ennemi pour les pouvoirs publics. Aussi, le père Mignon s'empresse-t-il de répéter ce qu'il a entendu en confession.

Acte II

Le père Barré tente, sans succès, de chasser les démons de l'esprit de Jeanne, qui raconte comment Grandier les a obligées, elle et ses sœurs en religion, à participer à une messe noire orgiaque dans la chapelle. Peu convaincu, le juge de Cerisay décide de faire cesser l'exorcisme. Cependant, les symptômes de possession réapparaissent et la cérémonie religieuse reprend, en public. Entre-temps, la démolition des fortifications est décidée. C'est dans ce contexte que Grandier est arrêté par Laubardemont.

Acte III

Grandier, soumis à la torture, refuse d'admettre son commerce avec le Diable. Sur le bûcher, il supplie Dieu de pardonner à ses accusateurs. Avant de mourir, il aperçoit dans la foule sur Jeanne en prière.

Une grande variété d'atmosphères musicales

Penderecki met en avant des scènes de foule et d'hystérie collective dans lesquelles le chœur joue un rôle central, alors que le sujet et le nombre réduit de personnages auraient pu conduire le compositeur à accorder beaucoup d'importance à des rôles isolés.

L'opéra est caractérisé par une grande variété d'atmosphères musicales : récitatif déclamé, dialogue, chœur monodique, quatuor de religieuses, quintette masculin et grand chœur mixte coupé de cris, de rires, de chuchotements ou de conversations se succèdent. L'orchestre qui joue souvent en formation réduite produit à chaque scène des effets de timbre spécifiques. Le livret fait également alterner des épisodes comiques et des moments de prière, des séances de tortures et des passages où intervient le démon.

Une citation de saint Chrysostome est placée en exergue de la partition : « Il ne faut pas croire le Diable, même s'il dit la vérité. »