En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Vies des douze Césars

Ouvrage de Suétone, publié vers 120 après J.-C.

Dédiée à Septicius, il ne manque aujourd'hui de la Vie des douze Césars que la dédicace, la préface, l'arbre généalogique des Césars et le début du livre I, consacré à Jules César. Commencée avec la vie de César – qui ne fut pas empereur mais dictateur –, l'œuvre comprend les vies des premiers empereurs de Rome : Auguste, Tibère, Caligula, Claude, Néron, Galba, Othon, Vitellius, Vespasien, Titus et Domitien. Le choix de commencer l'histoire de l'Empire par le divin Jules témoigne de la lucidité historique de Suétone et de sa volonté de rendre hommage à Trajan, qui avait remis à l'honneur la mémoire du vainqueur des Gaules.

Ces vitae ne racontent pas l'histoire des règnes mais décrivent le profil d'un individu suivant un plan immuable : l'origine et la famille de l'empereur, qui expliquent et déterminent son caractère, le récit des premières années, de la naissance à l'adolescence. Puis Suétone s'attache à la conduite du prince, à son activité publique et à sa vie privée. Enfin, il trace son portrait physique et moral et termine par l'évocation, souvent édifiante, de la mort de l'empereur. S'il manque d'un développement psychologique régulier, ce schéma biographique fut par la suite fréquemment imité.

Secrétaire d'Hadrien, Suétone avait quasiment accès à toutes les archives de l'Empire. Il sut mettre à profit ces facilités pour étayer ses recherches sur le règne de chaque empereur. La documentation de Suétone est remarquable par son inépuisable diversité. Il mêle les lettres autographes des empereurs, les comptes rendus des séances sénatoriales, le journal officiel du peuple romain, les procès, les discours et les jeux publics. Sans cacher ses préférences pour Auguste, il demeure impartial. Si la critique lui a reproché ses détails scabreux, une chronologie et un enchaînement des événements très approximatifs, l'accumulation des faits divers, la limpidité de sa langue et la richesse de son vocabulaire font de la Vie une œuvre extraordinairement vivante, et plus encore, une source précieuse, notamment pour compenser les parties perdues des Annales et des Histoires de Tacite.