Ce titre a été donné par Balzac à partir de la réédition de 1842 de ses romans, dans le cadre d'une opération à la fois commerciale et intellectuelle. Un important Avant-propos exposait ce qu'était l'unité de l'œuvre, notamment l'ascension depuis les romans réalistes jusqu'aux théorisations et extrapolations philosophiques. Pour cette édition collective, les romans les plus anciens achevèrent de recevoir les modifications nécessaires pour les faire entrer dans le système des personnages reparaissants, qui avait commencé de fonctionner dans le Père Goriot (1834-1835).
Le plan général restait fortement lacunaire, Balzac projetant d'écrire de nombreux autres romans pour compléter son œuvre. Il devait, à défaut de réaliser tout le projet, faire entrer dans sa Comédie humaine quelques textes qui n'étaient pas encore écrits en 1842, notamment les Parents pauvres et les Petites Misères de la vie conjugale. On y ajoute aujourd'hui la Pathologie sociale.
L'idée de regrouper ses romans est née de bonne heure chez Balzac : préfaces successives des romans signés Horace de Saint-Aubin (1822-1825), Scènes de la vie privée de 1830 à 1832, Études de mœurs de 1834, que devaient suivre des Études philosophiques et des Études analytiques, projet, en 1837, de la réunion des trois séries d'Études sous le titre collectif Études sociales. On peut voir dans cette volonté récurrente de systématisation un effet cumulatif de l'encyclopédisme hérité du XVIIIe s. et du scientisme positiviste. On doit y voir surtout une invite à ne jamais séparer, dans la lecture de Balzac, la performance réaliste du projet philosophique.
Le catalogue de la future Comédie humaine, en 26 volumes, a été dressé en 1845 par Balzac. La Comédie humaine