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Ariane à Naxos

Opéra en un prologue et un acte de Richard Strauss (Stuttgart, 1912) sur un livret de Hugo von Hofmannsthal.

À l'origine de cet opéra, l'un des plus subtils de Richard Strauss, le projet du poète dramaturge Hugo von Hofmannsthal, qui ne considérait tout d'abord Ariane à Naxos que comme un divertissement concluant sa libre adaptation du Bourgeois gentilhomme de Molière. Agissant non en librettiste mais en véritable dramaturge, le poète réduisit à deux les cinq actes de la pièce et remplaça la turquerie par un intermède lyrique qui mêlait seria et buffa. Ce mélange de genres déconcerta d'autant plus le public de la création qu'aux trois heures trente de spectacle s'ajoutait une interminable réception donnée à l'entracte par le roi du Wurtemberg.

Conscients de l'aspect hétéroclite de leur entreprise, les auteurs risquèrent quelques coupures avant de donner son autonomie à Ariane en ajoutant en 1916 le fameux prologue qui allait la conduire au triomphe. Quant à la comédie, elle retrouva en 1918 sa turquerie revue par Strauss, qui assembla également une partie de sa musique de scène en une suite pour orchestre. Théâtre dans le théâtre, l'œuvre entremêle la représentation d'un opera seria et les bouffonneries de la commedia dell'arte. Le prologue introduit et explique la situation créatrice de cet arrangement singulier. Le spectacle lui-même se déroule ensuite. Aux plaintes et au désespoir d'Ariane abandonnée dans l'île de Naxos répondent les jeux des comédiens italiens qui tentent de la distraire. Zerbinette, dans un morceau de bravoure avec vocalises surhumaines, expose sa profession de foi : aucun amour n'est éternel, il n'est pas de chagrin d'amour qui ne s'oublie. L'acte s'achève par l'enlèvement d'Ariane par Bacchus vers les Champs Élysées.

Inspiré par l'un des plus merveilleux livrets jamais écrits, Strauss a composé avec Ariane à Naxos une œuvre unique, singulièrement baroque, que d'aucuns jugent être sa partition la plus accomplie.