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Ouvrage textile tissé, noué ou brodé, destiné à être posé soit sur le sol (tapis de pied), soit sur une table (tapis de table).

À côté du kilim et du sumak, tapis tissés des peuples nomades, s'est développé le tapis de haute laine, noué, fabriqué soit en serrant le nœud autour de chacun des fils de la chaîne (nœuds gördes ou ghiordès, du monde turc), soit sur l'un des deux (nœud senneh, du monde iranien). Tous les motifs décoratifs, qui ne sont jamais d'une symétrie absolue, sont emblématiques, mais, comme pour les couleurs, leur signification n'est pas partout analogue, seule celle du vert, couleur du Prophète, est universelle. Les décors géométriques ont pour origine l'art des nomades de l'Asie centrale ; ceux qui privilégient les motifs floraux, fréquents en Iran, sont un lointain souvenir de la tradition hellénistique, alors que les décors à personnages sont d'influence chinoise.
La mode des tapis d'Orient remonte, en Europe, aux croisades ; on en importa d'Espagne, où les Arabes avaient installé des métiers. Dès le XVe s., en Italie, divers centres travaillèrent à l'imitation des ateliers du Levant. En France, la Savonnerie, fondée sous Henri IV, acquit dès le règne de Louis XIII une parfaite maîtrise technique et stylistique ; à sa production s'ajoutèrent, au XVIIIe s., celles d'Aubusson et de Beauvais. Parmi d'autres centres, citons Tournai, Barcelone, Deventer.
Aujourd'hui produits industriellement, ils comprennent : les tapis velours à poils coupés, à bouclette (tapis tuftés) ou points noués ; les tapis plats produits sur métiers à tisser ordinaires ; les tapis tricotés, réalisés sur machine de bonneterie ; les tapis non tissés aiguilletés ; les tapis nappés obtenus en plissant une nappe de fibres ; les tapis floqués réalisés par implantation verticale de fibres.