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Genre dramatique avant tout, la pastorale s'illustre aussi dans des poèmes – idylles, églogues, pastourelles – et des romans : elle représente, dans un cadre champêtre idéalisé (une Arcadie), les amours (souvent contrariées) de bergers et de bergères de convention.
D'origine antique (les Idylles de Théocrite, les Bucoliques de Virgile) et déjà connu du Moyen Âge (Jeu de Robin et Marion d'Adam de la Halle), le genre pastoral reçoit sa tradition des chefs-d'œuvre de la Renaissance italienne : le roman en prose mêlé de vers de I. Sannazaro (l'Arcadie, 1502), les pastorales dramatiques telles que l'Aminta (1573) du Tasse ou Il Pastor fido (1590) de G. B. Guarini.
Le genre se répand en Espagne : J. de Montemayor (la Diane, 1559), Cervantès (la Galatée, 1585), Lope de Vega (l'Arcadie, 1598) ; en Angleterre : E. Spenser (le Calendrier du berger, 1579), P. Sidney (l'Arcadie, 1590) ; il s'épanouit en France au début du XVIIe s. avec l'Astrée de H. d'Urfé. Au même moment se développe la pastorale dramatique (Racan, les Bergeries, 1625).
Répudiée pour ses artifices par le goût classique, la pastorale reparaît au XVIIIe s., sous la forme de la « pastorale philosophique » opposant les vertus naturelles à la corruption sociale (S. Gessner, Idylles, 1756-1772 ; H. Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie, 1788).
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