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bande

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Consulter aussi dans le dictionnaire : bande

bande
nom féminin
(ancien provençal banda, troupe, du germanique bandwa, étendard)

 Groupe de personnes poursuivant des fins subversives ou criminelles : Arrêter une bande de malfaiteurs.

Militaire

 Bande (de pied), formation d'infanterie de la fin du XVe au début du XVIIe s.

Les bandes de voleurs et d'assassins, ce que le Code pénal nomme les « associations de malfaiteurs », ont toujours excité la curiosité publique, surtout quand, à l'excès des crimes et à l'impunité longtemps préservée, peuvent s'ajouter quelques mobiles nobles et quelques gestes généreux. Il est vrai que l'imagination populaire supplée souvent au manque de poésie de la vie des bandits ; ou bien elle noircit davantage encore leurs méfaits. Une bande de malfaiteurs est facilement la matière d'un conte. Le plus célèbre et l'un des plus anciens est tiré du recueil des Mille et Une Nuits. Ali Baba et les quarante voleurs montre une bande qui, pour abriter ses rapines, dispose d'une caverne magique qui s'ouvre et se ferme au commandement d'une formule précise : « Sésame ouvre-toi… ». Les bandits sont donc un peu magiciens mais, pour que la morale triomphe, à la fin du récit, ils sont tous attrapés par la ruse d'une servante. Le succès universel de ce conte indique bien à quel point le banditisme intéresse, à tous les siècles, le plus grand nombre.
D'ailleurs les bandes peuvent, par leurs origines et l'ampleur de leur action, constituer de véritables phénomènes sociaux.

L'exemplaire Robin des Bois

Les bandits du Moyen Âge étaient de deux sortes : des hors-la-loi et des soldats démobilisés.

Les hors-la-loi, criminels divers, têtes brûlées, aventuriers de toutes espèces, se réfugiaient dans les forêts, alors immenses et encore mystérieuses pour une population attachée aux vieilles superstitions agraires, héritage de l'ancien paganisme. Ils détroussaient les voyageurs et rendaient souvent les déplacements dangereux : ainsi la forêt de Bondy, à l'est de Paris, était réputée pour ses périls. C'est Robin des Bois qui a donné à cette forme de banditisme sa célébrité et son espèce d'honorabilité. Robin Hood a sans doute existé mais la légende a beaucoup brodé autour de son histoire : l'insoumis de la forêt anglaise de Sherwood connaît mieux que personne tous les détours de son domaine ; il en profite pour dévaliser les grands seigneurs, les nobles dames, les riches ecclésiastiques, mais il respecte les pauvres gens, soit qu'il les considère comme des frères de race, des Saxons et non des Normands envahisseurs, soit qu'il veuille les défendre contre des notables qui les exploitent. Robin des Bois est resté jusqu'au XIXe siècle un personnage littéraire : Walter Scott l'a mis en scène dans son Ivanhoé.

Les guerres continuelles du Moyen Âge alimentaient le banditisme endémique des soldats licenciés, laissés sans ressources. Souvent sous la direction de nobles importants, car la classe chevaleresque était violente par nature, les Grandes Compagnies au XIVe siècle, les « Écorcheurs » auXVe siècle ravagèrent le sol français. Tantôt les rois les pourchassaient, tantôt ils s'efforçaient de les éloigner dans les pays voisins ; tantôt encore ils les transformaient en troupes régulières et les payaient. La soldatesque en maraude a été l'un des fléaux de l'Europe tout au long du Moyen Âge : elle a terrorisé les campagnes. Ce genre de banditisme a disparu avec la formation des États modernes et n'a resurgi que dans les époques troublées et anarchiques.

Les Compagnons de Jéhu

Pendant la Révolution française, sévirent les Compagnons de Jéhu et les Chauffeurs. Les Compagnons de Jéhu (du nom d'un roi hébreu) opéraient dans la région lyonnaise et en Franche-Comté : ils étaient peut-être inspirés par des agents royalistes mais c'étaient de vrais bandits organisés presque militairement. Les Chauffeurs – ainsi désignés car ils brûlaient les pieds de leurs victimes pour les forcer à livrer leurs trésors – étaient de simples brigands répandus dans toute la France : ils étaient notamment spécialisés dans l'attaque des diligences. Ces différents groupes disparurent avec le retour à l'ordre, sous le Consulat.

Depuis lors, les diverses bandes de malfaiteurs n'ont eu en France que des existences éphémères. Aucun bandit n'a su résister à la police, comme le fit au XVIIIe siècle Cartouche, roué vif en place de Grève en 1721 après avoir accumulé, pendant plus de dix ans, vols et meurtres dans la région parisienne. Mandrin, exécuté à Lyon en 1775, était un contrebandier, habitué à frauder les douanes intérieures et à assassiner les douaniers. Ces deux personnages furent célèbres et le public s'amusait de leurs ruses à déjouer les traquenards policiers. De nos jours, l'évolution des mœurs et des techniques de répression rend impossibles de telles aventures.

MILITAIRE

En 1480, Louis XI divisa les mercenaires en bandes de 300 à 400 hommes et les envoya tenir les places de Picardie (bandes de Picardie). Louis XII recruta les bandes de Piémont, qui bataillèrent dans les guerres d'Italie. En 1521, François Ier forma les bandes de Champagne pour défendre la frontière de l'Est contre Charles Quint. En 1569, ces vieilles bandes furent réunies en régiments qui en gardèrent le nom : Picardie, Piémont, Champagne.

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