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Station d'épuration

épuration

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Consulter aussi dans le dictionnaire : épuration

épuration
nom féminin
(de épurer)

 Action d'éliminer les impuretés contenues dans un produit, dans l'eau ; purification.

 À la fin de la Seconde Guerre mondiale, action de répression, soit légale (tribunaux), soit sommaire (exécutions) contre des fonctionnaires, écrivains, artistes, etc., convaincus d'avoir collaboré avec l'ennemi.

EAUX ET ASSAINISSEMENT

Épuration des eaux potables

→  eau.

Épuration des eaux usées

Les méthodes biologiques qui reproduisent les phénomènes naturels en les accélérant conviennent aux pollutions les plus fréquentes. Pour une épuration avant rejet dans le milieu extérieur, on utilise des fosses septiques dont l'effluent est ensuite envoyé sur un épurateur.

Épuration des eaux usées urbaines

L'épuration d'une eau résiduaire comprend un prétraitement, un traitement primaire et un traitement secondaire. Le prétraitement comporte le dégrillage, le dessablage, et le déshuilage (ou dégraissage). Le traitement primaire est une décantation dans un ouvrage en béton, où l'eau séjourne entre une et deux heures. Le traitement secondaire consiste à favoriser l'attaque des matières polluantes par les bactéries qui vivent dans ce milieu. Selon que les bactéries sont liées à un support fixe ou se rassemblent sur des flocons en suspension dans l'eau, on distingue deux grandes familles de techniques : d'une part, les lits bactériens, sur lesquels l'eau ruisselle, ou les disques biologiques, qui tournent à faible vitesse dans des bacs contenant l'eau usée ; d'autre part, les boues activées, procédé dans lequel l'eau est aérée par insufflation d'air ou par agitation au moyen de turbines ou de brosses. Une décantation sépare ensuite l'eau épurée des boues.

Lorsque les rejets ont lieu dans une zone protégée (zone de conchyliculture, zone balnéaire, etc.), un traitement complémentaire, appelé aussi traitement tertiaire, est indispensable (élimination des germes pathogènes et surtout des nitrates et des phosphates). On utilise souvent des méthodes biologiques complémentaires, dont la plus simple est le lagunage.

HISTOIRE

Destinée à réprimer « l'intelligence avec l'ennemi », l'épuration a associé répression judiciaire (que traitèrent Cours de Justice, Chambres civiques, Tribunaux militaires et Haute Cour), élimination politique (confiée à un Jury d'honneur), épuration professionnelle (confiée à des Commissions d'épuration). Les chefs de l'État français furent souvent condamnés (Pierre Laval, Philippe Pétain, Joseph Damand). Quelque 1 500 condamnations à mort furent exécutées après jugement des tribunaux réguliers (on dénombre par ailleurs de 8 à 9 000 victimes de l'« épuration sauvage »). De 22 000 à 28 000 fonctionnaires ou agents de l'État (sur 1,5 million) furent sanctionnés. Quelques entreprises ayant collaboré furent nationalisées (Renault, Gnome et Rhône) ou condamnées à payer des amendes. Les journaux publiés sous l'Occupation (Ouest-Éclair, Le Petit Parisien…) virent dans 64 cas leurs biens confisqués et dévolus aux titres issus de la Résistance (Combat, Libération…), ce qui provoqua un profond renouvellement de la presse française. L'épuration a sans doute sanctionné plus lourdement le monde des intellectuels et des artistes que les entrepreneurs, les comparses plutôt que les grands dignitaires, les tribunaux inclinant au fil du temps vers une plus grande indulgence. Une loi d'amnistie a, en 1953, supprimé les effets matériels de ces condamnations.