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Raymond Queneau lit Zazie

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Raymond Queneau lit Zazie
« Izont des bloudjinnzes, leurs surplus américains  ? »
Le romancier Raymond Queneau fait une lecture d'un passage de son roman le plus célèbre, Zazie dans le métro paru en 1959. Zazie, confiée à son oncle Gabriel parce que sa mère le « considère comme une tante », pleure - par plaisir - sur un banc quand un « meussieu » lui propose un « cacocalo » pour la consoler. Un passage où, dans un Paris de carte postale, le romancier traque les modes et les lieux communs (les ranbrans de la foire aux puces) et joue avec le langage.
Institut National de l'Audiovisuel
«  Ne voulant pas montrer son enthousiasme à l'idée de se taper un cacocalo, Zazie se mit à considérer gravement la foule qui, de l'autre côté de la chaussée se canalisait entre deux rangées d'éventaires. - Qu'est-ce qu'ils foutent, tous ces gens  ? Demanda-t-elle. - Ils vont à la foire aux puces, dit le type, ou plutôt c'est la foire aux puces qui va-t-à-z-eux, car elle commence là. - Ah, la foire aux puces, dit Zazie de l'air de quelqu'un qui ne veut pas se laisser épater, c'est là qu'on trouve des ranbrans pour pas cher, ensuite on les revend à un Amerlo et on n'a pas perdu sa journée. - Y a pas que des ranbrans, dit le type, y a aussi des semelles hygiéniques, de la lavande, des clous et même des vestes qui n'ont pas été portées. - Y a aussi des surplus américains  ? - Bien sûr. Et aussi des marchands de frites. Des bonnes. Faites dans la matinée. - C'est chouette, les surplus américains. - Si on veut, y a même des moules. Des bonnes. Qu'empoisonnent pas. - Izont des bloudjinnzes, leurs surplus américains  ?  »
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