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mediaContent,habsons,idMedia=1102185,,Pierre Corneille, Stances à Marquise
Pierre Corneille, Stances à Marquise
« On m'a vu ce que vous êtes, vous serez ce que je suis »
La diction de Louis Jouvet rend avec précision la mélancolie et l'orgueil d'un Corneille vieillissant, amoureux de Marquise du Parc, une comédienne de la troupe de Molière. Mélancolie du« grison » âgé de cinquante-deux ans, qui aime une charmante jeune femme de vingt-six ans, mais orgueil de l'écrivain sûr de son talent qui fait, assez cyniquement une sorte de chantage à la postérité.
Institut des Archives Sonores
« Marquise, si mon visage,
A quelques traits un peu vieux,
Souvenez vous qu'à mon âge
Vous ne vaudrez guère mieux.
Le temps aux plus belles choses
Se plaît à faire un affront
Et saura faner vos roses
Comme il a ridé mon front.
Le même cours des planètes
Règle nos jours et nos nuits.
On m'a vu ce que vous êtes
Vous serez ce que je suis.
Cependant j'ai quelques charmes
Qui sont assez éclatants
Pour n'avoir pas trop d'alarmes
De ces ravages du temps.
Vous en avez qu'on adore,
Mais ceux que vous méprisez
Pourraient bien durer encore
Quand ceux-là seront usés.
Ils pourront sauver la gloire
Des yeux qui me semblent doux,
Et dans mille ans faire croire
Ce qu'il me plaira de vous
Chez cette race nouvelle,
Où j'aurai quelque crédit,
Vous ne passerez pour belle
Qu'autant que je l'aurai dit
Pensez-y, belle Marquise,
Quoiqu'un grison fasse effroi,
Il vaut bien qu'on le courtise
Quand il est fait comme moi. »