SERVICES
Média Larousse
Taille du texte Diminuer la taille de la police Augmenter la taille de la police Imprimer Envoyer par e-mail

Paul Claudel, Tête d'Or

En double cliquant sur chacun des mots, vous accéderez aux définitions Larousse
Paul Claudel, Tête d'Or
« Ne m'appelle point Sire, mon enfant ! »
Lorsque commence la deuxième partie de la pièce, le jeune Cébès, joué ici par Laurent Terzieff, veille dans la grande salle du palais où ronflent les derniers fidèles du vieux roi (Jean-Louis Barrault), dans l'attente de l'attaque. La pièce, écrite en 1899, n'est pas marquée par la conversion de Claudel, mais le drame dit déjà ce que la quête du pouvoir a de dérisoire : Tête d'Or, le jeune conquérant assoiffé d'absolu ne conquiert finalement rien qui lui importe vraiment...
Institut des Archives Sonores
« Le roi : Ah ! Cébès : Qui soupire  ? Est-ce qu'il y a quelqu'un, là ? Le roi : Ah ! Est-ce que tu ne dors pas non plus, mon enfant ? Cébès : Je ne dors point. Le roi : N'as-tu point soif ? Est-ce que tu ne veux pas boire un peu ? Cébès : Pardonnez-moi, Sire. Je ne boirai pas jusqu'à ce qu'il soit revenu. Le roi : Sire ! Est-ce qu'il y a encore un Sire ? Ne m'appelle point Sire, mon enfant ! Ils m'ont laissé tout seul ici avec ma fille et ils sont tous partis, car l'ennemi approche. Ils ne s'inquiétaient guère de moi. C'est le Premier ministre qui faisait tout, il m'expliquait les choses. Il m'empêchait toujours de dîner à l'heure. J'ai un mauvais estomac; il faut que je sois régulier dans mes repas. Ils se réunissaient à dix ou douze, et ils apportaient un tas de papiers. On voit de drôles de gens maintenant. Enfin, ils sont tous partis. Le Premier ministre aussi est parti, emportant les diamants afin de les mettre en sûreté. Même les domestiques sont partis. Il ne reste personne ici. C'est comme dans la ville. Il ne reste plus que les pauvres et ceux qui n'ont pas pu faire autrement. »